Lors du sommet de l’OTAN, une nouvelle initiative baptisée Arctic Sentry a été lancée pour renforcer la vigilance et la coordination au sein de l’Alliance dans la région arctique. Face à l’ouverture de nouvelles routes liées au changement climatique, l’Arctique devient un enjeu stratégique majeur, marqué par une intensification des activités militaires russes et l’intérêt croissant de la Chine.
Cette opération, annoncée avant la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN à Bruxelles, vise à regrouper et coordonner les actions menées par l’Alliance et ses États membres dans l’ensemble du théâtre nordique sous un cadre unique et structuré.
Un haut responsable militaire de l’OTAN a souligné que l’Arctique « n’est plus une frontière lointaine » et que les évolutions environnementales et géopolitiques requerraient une attention accrue de la part de l’Alliance. Il a rappelé que « l’Arctique et le Grand Nord sont désormais une région d’une importance stratégique croissante », mettant en garde contre les risques liés à la fonte des glaces. L’Arctique se réchauffe en effet près de quatre fois plus vite que la moyenne mondiale, ouvrant de nouvelles voies maritimes et raccourcissant les distances commerciales entre l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord.
Cette transformation augmente la valeur stratégique de la région, accompagnée par une hausse de l’activité militaire russe et un intérêt grandissant de la Chine. Le responsable a précisé que « cette opportunité s’accompagne de risques », notant « l’intensification des activités militaires russes » et qualifiant la présence chinoise d’expansionniste, notamment à travers des investissements dans les infrastructures polaires, Pékin s’étant auto-proclamé « État quasi-arctique ».
Arctic Sentry ne constitue pas une posture offensive, mais un dispositif défensif, transparent et coopératif destiné à renforcer la connaissance de la situation et la cohérence des opérations de l’OTAN dans cette vaste zone stratégique. « Arctic Sentry n’est pas une posture offensive. C’est un cadre défensif, transparent et coopératif », a insisté l’officiel, ajoutant que cela permettrait à l’OTAN d’être « plus connectée, plus alignée et plus agile face aux menaces sur la sécurité arctique ».
Cette initiative vise également à améliorer la compréhension des conditions opérationnelles et à intégrer sous un même parapluie les efforts nationaux déjà en place, avec la perspective que certaines actions nationales soient transférées sous commandement OTAN dans les mois à venir. Interrogé sur un possible focus sur le Groenland, le responsable a démenti, précisant qu’Arctic Sentry couvre l’ensemble de la région arctique et du Grand Nord, et non un territoire en particulier. « Ce n’est pas uniquement une affaire du Groenland », a-t-il déclaré.
En réponse à la question concernant un incident déclencheur tangible pour ce déploiement, le responsable a indiqué qu’aucun événement spécifique, tel qu’un sabotage de câbles sous-marins, n’avait motivé la décision. Il s’agit d’une réaction aux évolutions stratégiques à plus long terme. « Il n’y a pas eu de coupure de câbles pour provoquer cela », a-t-il précisé, rappelant que le commandant suprême allié en Europe dispose de l’autorité nécessaire pour activer des mesures de vigilance renforcée sans qu’un incident particulier ne survienne.
Le secrétaire général de l’OTAN a confirmé ces propos lors d’une conférence de presse, soulignant que l’accroissement des opérations militaires russes et l’intérêt croissant de la Chine dans le Grand Nord imposaient à l’Alliance d’intensifier ses efforts. Il a expliqué qu’Arctic Sentry permettrait de regrouper, sous une même coordination, des exercices majeurs tels que « Arctic Endurance » du Danemark et « Cold Response » de la Norvège, mobilisant des dizaines de milliers de militaires.
Interrogé sur le caractère innovant de cette démarche, le secrétaire général a précisé que la principale nouveauté résidait dans la centralisation des activités arctiques de l’OTAN sous « un seul commandement », ce qui facilitera l’identification des lacunes capacitaires et leur résolution rapide. « Pour la première fois, nous regroupons tout ce que nous faisons dans l’Arctique sous un même commandement », a-t-il affirmé.