La coopération militaire croissante entre la Chine et le Pakistan a renforcé de manière significative les capacités d’Islamabad lors des récents conflits avec l’Inde. Pourtant, malgré un soutien technologique étendu, certains systèmes fournis par Pékin présentent des limites notables, ce qui soulève des interrogations quant à l’efficacité opérationnelle globale des forces pakistanaises, selon un général à la retraite de l’US Air Force.
Le partenariat stratégique sino-pakistanais s’est traduit par un transfert massif d’armements et un partage accru du renseignement, éléments clés lors des affrontements frontaliers. Toutefois, cette alliance révèle aussi ses failles, notamment après les escarmouches récentes déclenchées par l’opération Sindoor le 7 mai 2025, qui ont mis au jour tant les avancées que les vulnérabilités militaires des deux alliés.
Selon le général David A. Deptula (retraité), spécialiste reconnu de la puissance aérienne, la Chine est devenue le principal fournisseur d’armes du Pakistan. D’après l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), plus de 81 % des importations d’armes pakistanaises au cours des cinq dernières années proviennent de Pékin.
Cette assistance comprend des équipements avancés tels que les chasseurs JF-17 Block III et J-10CE, les systèmes de défense aérienne HQ-9, ainsi que le missile air-air à longue portée PL-15E. À cela s’ajoutent des capacités de collecte de renseignements sophistiquées, avec notamment les satellites PRSS-1 et ICUBE-Q, qui améliorent la surveillance et la coordination des opérations. Ces moyens ont considérablement renforcé la capacité du Pakistan à affirmer sa présence militaire et à rivaliser avec la supériorité indienne, en particulier dans la région contestée du Cachemire.
Malgré ces progrès matériels et technologiques, le général Deptula met en avant des déficiences opérationnelles notables dans certains systèmes chinois, notamment le missile PL-15E. Ces limites soulignent que les soutiens technico-militaires ne garantissent pas automatiquement l’efficacité globale des manœuvres ou la supériorité stratégique sur le terrain.
Ces observations invitent à une analyse plus nuancée de la montée en puissance militaire pakistanaise, insistant sur le fait que l’armement avancé doit s’accompagner d’une intégration et d’un emploi tactique maîtrisés pour produire un impact véritablement décisif dans le théâtre indo-pakistanais.