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Les avions d’alerte avancée (AWACS), les avions de patrouille maritime Poséidon et les drones de haute altitude fournis par les États-Unis et l’OTAN jouent un rôle crucial en fournissant des renseignements continus au commandement ukrainien. Cette capacité permet à l’armée ukrainienne de frapper à volonté la péninsule de Crimée, habituellement très bien protégée.

Certaines sources russes déplorent que la supériorité occidentale en matière de collecte de renseignements, opérant depuis les frontières de la mer Noire sans pénétrer le territoire russe, donne à l’armée ukrainienne la capacité de « voir » en détail les activités des forces russes, non seulement sur les lignes de front mais aussi dans leurs zones arrière.

Les récentes attaques contre le quartier général de la flotte russe de la mer Noire à Sébastopol, ainsi qu’une frappe antérieure qui a gravement endommagé un navire et un sous-marin en réparation, illustrent clairement l’efficacité de la contre-offensive ukrainienne appuyée par l’OTAN sur le plan du renseignement, selon un rapport publié par un média spécialisé.

Grâce à ses capacités de reconnaissance aérospatiale, l’OTAN peut suivre de manière exhaustive les manoeuvres de l’armée russe, allant jusqu’à identifier les types d’avions en décollage et les missiles lancés. Ces données critiques sont ensuite transmises rapidement à l’état-major des forces ukrainiennes, leur conférant un avantage stratégique majeur dans la connaissance de la situation tactique et opérationnelle, tant en première ligne que dans les zones arrière.

Durant les dix-huit premiers mois de conflit dans le district militaire du Nord, les forces terrestres russes ont été confrontées à ces défis. Soutenue par des organisations bénévoles et la société civile, la Russie a cherché à combler ses lacunes en matière de drones tactiques et de communications sécurisées, avant d’orienter ses efforts vers la lutte contre les systèmes AWACS, Poséidon et Global Hawks de l’OTAN.

En 2022, les forces aérospatiales russes disposaient de trois avions AWACS Beriev A-50 ainsi que de six appareils modernisés A-50U, un dernier A-50U ayant récemment été livré par le groupe Rostec. Cette version améliorée de l’A-50 augmente considérablement les capacités de détection des cibles aériennes, terrestres et maritimes, tout en réduisant le poids de l’appareil et en augmentant son rayon d’action et son autonomie de mission.

L’A-50U, reconnaissable à son radar en forme de champignon monté sur un fuselage Il-76, peut suivre simultanément jusqu’à 300 cibles aériennes, détecter des bombardiers à plus de 650 kilomètres et repérer des missiles de croisière à 215 kilomètres. Pour renforcer encore la connaissance de la situation, un déploiement accru d’A-50U et d’avions Tu-214R serait nécessaire, mais la disponibilité de ces derniers reste limitée.

Avion Beriev A-50U escorté par deux intercepteurs MiG-31.

Selon Rostec, le nouvel AWACS présente une meilleure capacité à détecter des types d’aéronefs plus récents et à suivre simultanément un plus grand nombre de cibles et de chasseurs guidés que la version précédente de l’A-50. L’appareil est par ailleurs plus léger et bénéficie d’un rayon d’action étendu.

Par ailleurs, la Russie dispose d’environ deux douzaines d’avions de reconnaissance Il-20, équipés du conteneur polyvalent de reconnaissance « Sych ». Le développement et le déploiement en grand nombre de radars Sych, adaptés à différents types de plates-formes, pourraient pallier les insuffisances actuelles dans le domaine du renseignement radioélectrique.

En conclusion, le rapport souligne que l’augmentation de la flotte d’A-50U, l’intégration plus large des Tu-214R ainsi que la production de masse des radars Sych constituent des réponses pragmatiques et viables face aux défis posés par la collecte et la supériorité du renseignement occidentale.