Le syndicat GMB en Écosse accuse le gouvernement écossais d’avoir laissé des retards évitables compromettre l’avenir du chantier naval Ferguson Marine, dernier chantier commercial sur la Clyde.
Cette prise de position intervient alors que les membres du Parlement écossais débattent d’un rapport du Public Audit Committee qui appelle les ministres à accélérer les investissements et les décisions de passation de marchés pour Ferguson Marine. Louise Gilmour, secrétaire de GMB Scotland, a déclaré que le comité avait « tiré une fusée de détresse au-dessus de Fergusons », mais que les ministres n’avaient pas su prendre les mesures nécessaires.
Dans le cadre de la campagne « Fight for Fergusons », GMB Scotland milite pour que le chantier se voie directement confier le contrat de remplacement du ferry vieillissant Lord of the Isles. Louise Gilmour insiste sur le fait que « le contrat doit être attribué directement et de toute urgence ».
Elle critique également le gouvernement en soulignant qu’il n’a proposé « que des excuses, sans aucune action » depuis six mois, période durant laquelle le comité a appelé à une intervention. « De John Swinney en descendant, les ministres se sont contentés de s’apitoyer et de dire à quel point la situation est compliquée. Pourtant, elle n’est compliquée que dans la mesure où ils le veulent bien », ajoute-t-elle.
Le rapport du comité note que seule une faible part des 14,2 millions de livres sterling prévus pour la modernisation du chantier a été effectivement investie. Il souligne également que la réputation des ouvriers a été injustement entachée par des dépassements de coûts et des retards historiques liés à deux ferries de CalMac. Le rapport recommande en outre de renforcer la voix des travailleurs et des syndicats dans la gouvernance du chantier.
Louise Gilmour accueille favorablement ces conclusions, précisant qu’« une main-d’œuvre qualifiée et engagée est totalement étrangère aux échecs passés » et mérite une chance de redorer le blason du chantier. Elle estime cependant que cela nécessitera « bien plus d’urgence, d’ambition et de soutien que ce que nous observons actuellement ».
Par ailleurs, la vice-première ministre Kate Forbes a récemment qualifié le chantier naval de « site d’importance nationale ». Elle a rappelé que le gouvernement écossais était déjà intervenu par le passé pour préserver l’emploi sur le site. Kate Forbes a indiqué devant Holyrood que tout futur contrat devra respecter les règles de passation des marchés et des aides d’État, et que les fonds de modernisation ne seront débloqués qu’à la présentation d’un plan d’affaires actualisé, intégrant les nouvelles commandes.