Face à la montée en puissance des missiles balistiques antinavires (ASBM) dans la région de l’Indo-Pacifique, l’Organisme indien de recherche et de développement pour la défense (DRDO) accélère la mise au point d’un système d’interception ASBM avancé reposant sur le missile M2, dont la portée est estimée entre 250 et 300 km. Conçu pour équiper à la fois l’Armée de l’air indienne (IAF) et la Marine indienne, ce système comprend une variante navale de missile sol-air longue portée (LR-SAM) adaptée au lancement vertical et intégrée aux systèmes de commande de tir embarqués, offrant ainsi une protection renforcée contre les menaces balistiques à grande vitesse. Les essais de ces deux variantes sont prévus pour démarrer d’ici 2027, ce qui constitue une étape clé dans la quête d’autonomie stratégique indienne en matière de défense antimissile multicouches.

Le développement de cet intercepteur ASBM dérivé du M2 intervient à un moment crucial, alors que la Marine de l’Armée populaire de libération chinoise (PLAN) déploie des missiles « chasseurs de porte-avions » sophistiqués tels que le DF-21D (portée de 1 500 km) et le DF-26 (portée de 4 000 km). Ces missiles, capables d’atteindre des cibles navales mobiles à des vitesses hypersoniques, représentent une menace majeure pour les groupes navals opérant dans des zones contestées comme l’océan Indien et la mer de Chine méridionale. En réponse, la doctrine navale indienne met désormais l’accent sur une protection renforcée des flottes, avec le système LR-SAM conçu pour intercepter les ASBM volant jusqu’à Mach 7, garantissant une couche défensive robuste pour ses porte-avions, destroyers et frégates.