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Le système de missile quasi-balistique tactique Pralay, l’un des plus puissants atouts conventionnels de l’Inde, franchit une étape majeure vers l’indigénisation complète avec l’intégration d’INDIGIS, un Système d’Information Géographique (SIG) 100 % indien développé par le Centre d’Intelligence Artificielle et de Robotique (CAIR) du DRDO, à Bengaluru.

Cette intégration offrira aux chefs de batteries Pralay un environnement sécurisé, numérique et capable de fonctionner hors ligne, permettant de visualiser et planifier avec une précision accrue les positions des lanceurs, le type de missile (conventionnel, à aide à la pénétration, sous-munitions), les zones portées en temps réel, les « zones sans échappatoire » ainsi que les dossiers de cibles – le tout reposant sur un logiciel national exempt de dépendances ou de risques d’accès étrangers.

Jusqu’à présent, la plupart des systèmes indiens de localisation d’armes, de planification de tir et de commandement de batteries de missiles s’appuyaient sur des moteurs SIG étrangers sous licence. Étant donné que le Pralay est un atout stratégique destiné à menacer des cibles de haute valeur pakistanaises et chinoises dès les premières heures d’un conflit, l’Armée indienne et le DRDO ont souhaité disposer d’un SIG entièrement national, sans aucun composant extérieur.

Après une évaluation interne au DRDO, la plateforme INDIGIS du CAIR a été transférée sous accord de transfert de technologie commerciale à Microgenesis Techsoft Pvt Ltd, basée à Bengaluru. Microgenesis a depuis adapté le kit de développement logiciel INDIGIS (SDK) pour répondre spécifiquement aux exigences du Pralay.

Ce SIG desktop complet permet aux unités de standardiser leurs cartes grâce à des modèles réutilisables et des signets spatiaux. Les opérateurs peuvent créer un nombre illimité de couches avec une symbolique sauvegardée, garantissant que chaque batterie Pralay affiche les lanceurs, les ellipses d’impact et les zones interdites de manière identique.

Avec INDIGIS désormais intégré au cœur du système de planification de mission du Pralay, l’Inde réalise une triple première : un missile quasi-balistique entièrement domestique, une suite de guidage et de capteurs nationale, et maintenant une couche décisionnelle SIG totalement indigène.

Lorsque les premières unités du Pralay seront opérationnelles au sein des Forces de Missiles et de Fusées de l’Armée indienne d’ici 2026-2027, leurs commandants planifieront leurs frappes sur des cartes indiennes, avec un code indien, en territoire indien – une capacité que seules quelques nations au monde peuvent revendiquer.

Ce missile, dont le rayon d’action varie entre 150 et 500 km, suit une trajectoire quasi-balistique abaissée, peut effectuer des manœuvres en vol et est lancé depuis des transporteurs-lanceurs-érigeurs (TEL) très mobiles en configurations 4×4 et 8×8, constamment repositionnés pour échapper aux tirs de contre-batterie. Les commandants ont ainsi besoin de :

  • Visualiser instantanément la position géographique précise de chaque TEL,
  • Disposer de zones de portée dynamiques pour différents types d’ogives,
  • Réaliser des analyses de masquage de terrain pour camoufler les lanceurs face à la reconnaissance adverse,
  • Planifier rapidement des itinéraires de tir-mobilité (« shoot-and-scoot »),
  • Superposer la couverture radar des défenses aériennes ennemies et les zones de tir de contre-artillerie.

Toutes ces fonctions doivent être intégrées dans un même système de gestion du combat sécurisé, capable de gérer le ciblage et les ordres de tir, même en cas de brouillage ou de déni des liaisons satellitaires.