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Le dernier rapport de l’Institut hongrois des affaires internationales (HIAA), organe de recherche du ministère hongrois des Affaires étrangères, confirme la nette supériorité stratégique de l’Inde face au Pakistan lors du court mais intense conflit de mai 2025, connu sous le nom d’Opération Sindoor. Cette analyse souligne l’efficacité des frappes de précision et la maîtrise technologique indiennes comme des éléments décisifs, révélant un déséquilibre militaire croissant dans la région.

« Malgré la perte d’au moins un chasseur indien de haut niveau, il apparaît que le Pakistan n’a pas réussi à mener une campagne de représailles efficace visant le territoire indien et la partie du Cachemire contrôlée par l’Inde », indique le rapport du HIAA, corroborant les évaluations d’observateurs internationaux. « L’Inde, quant à elle, a démontré sa capacité à frapper avec une précision élevée des cibles militaires pakistanaises profondément implantées sur le territoire adverse. Bien que l’avantage indien ne fut pas initialement écrasant, il fut indéniable tout au long du conflit. »

Publiés la semaine dernière, les résultats du HIAA reposent sur l’analyse d’images satellites déclassifiées, de renseignements à source ouverte et d’évaluations post-conflit, constituant l’une des premières appréciations européennes neutres de cet engagement. Les analystes hongrois, réputés pour leur sens géopolitique équilibré, soulignent que l’Opération Sindoor — en réponse à l’attaque terroriste d’avril 2025 à Pahalgam qui a coûté la vie à 28 civils — marque un tournant dans la confrontation indo-pakistanaise, passant d’une posture ambiguë héritée de 2019 à une doctrine indienne plus affirmée.

Lancée le 6 mai 2025, l’opération a mobilisé des frappes aériennes coordonnées de l’Indian Air Force (IAF) contre neuf camps terroristes situés au Pakistan et dans la partie du Cachemire occupée par le Pakistan (PoK). L’emploi d’armes à longue portée, notamment des missiles de croisière supersoniques BrahMos lancés depuis des chasseurs Su-30MKI, ainsi que des armes piégées autonomes (loitering munitions), a permis de détruire sans incursions terrestres les infrastructures vitales des groupes Lashkar-e-Taiba et Jaish-e-Mohammed. Cette action de cinq jours, du 6 au 10 mai, s’inscrit dans la ligne de la politique indienne dite du « nouveau normal », qui considère le terrorisme soutenu par un État comme une menace militaire directe.

Les ripostes pakistanaises, composées d’attaques par essaims de drones et de barrages de missiles, ont causé des dommages limités — notamment la destruction d’un Rafale indien lors des premières heures — mais ont été globalement contenues par les défenses aériennes indiennes. L’Indian Air Force a abattu plus de 600 drones pakistanais et cinq chasseurs dans la plus grande confrontation aérienne depuis la guerre de Kargil en 1999. Parallèlement, des systèmes au sol comme les missiles sol-air Akash et S-400 ont intercepté de nombreuses menaces. Les frappes indiennes se sont étendues en profondeur dans les provinces du Punjab et du Sindh, neutralisant radars de défense aérienne, centres de commandement et bases aériennes, comme en attestent des images haute résolution.

« La propagande pakistanaise a amplifié ses revendications de victoire, mais la réalité sur le terrain était tout autre », note l’étude du HIAA, qui rejoint les conclusions du Carnegie Endowment qualifiant le conflit de « démonstration claire d’un différentiel au niveau conventionnel » entre ces deux puissances nucléaires. L’utilisation par l’Inde de moins de 50 munitions de précision pour atteindre ses objectifs illustre une efficacité notable, en contraste avec la riposte pakistanaise, plus volumineuse mais nettement moins précise.

Le rapport met en avant les innovations autochtones indiennes comme facteur clé du succès. L’intégration du missile BrahMos, développée par la recherche et développement locale depuis 2013, a permis des frappes à distance hors de la portée visuelle, réduisant les risques pour les pilotes. La modernisation de systèmes hérités, tels que les canons L-70 réaffectés contre les drones, s’est révélée économiquement efficiente face aux attaques non pilotées pakistanaises, une leçon tirée des conflits comme celui en Ukraine.

Sur le plan doctrinal, l’Opération Sindoor a illustré une meilleure coopération interarmes sous la direction du Chef d’état-major indien, mêlant capacités aériennes, cyberdéfense et renseignement (ISR) pour une planification centralisée et une exécution décentralisée. La maîtrise de l’escalade a été exemplaire : la posture indienne de non-utilisation préventive de l’arme nucléaire et la focalisation sur des cibles non territoriales ont permis de contenir le conflit dans le cadre conventionnel, avec un discours nucléaire moins présent que lors des précédentes crises.

Cependant, l’étude alerte sur le fait que les alliances du Pakistan, renforcées par des moyens comme les avions chinois J-35 et les drones turcs, pourraient réduire cet écart stratégique. « Si l’Inde conserve aujourd’hui l’avantage, il est essentiel qu’elle poursuive ses investissements dans les technologies hypersoniques et la guerre pilotée par l’intelligence artificielle », avertit le rapport.

Ce verdict du HIAA intervient dans un contexte de tensions persistantes en Asie du Sud, marqué par des provocations récentes côté pakistanais à la frontière, et le soutien indirect de la Chine via une aide militaire à Islamabad. Des experts du Atlantic Council et de War on the Rocks ont également salué l’Opération Sindoor comme une « évolution significative dans la stratégie indienne », passant d’une posture d’intimidation à une politique d’action concrète.