Article de 837 mots ⏱️ 4 min de lecture

Fort de son rôle déterminant dans la neutralisation des incursions aériennes pakistanaises lors de l’opération Sindoor en mai dernier, le système de défense aérienne indien S-400 « Sudarshan » bénéficie d’un renforcement d’envergure estimé à environ 10 000 crore roupies. La Force aérienne indienne (IAF), qui qualifie cette plateforme russe de véritable « changeur de jeu », est en pourparlers avancés avec Moscou pour l’acquisition d’un important stock de missiles. Ce renfort vise à consolider la défense multicouche du pays face aux tensions régionales persistantes. Déjà, trois des cinq escadrons commandés sont opérationnels, tandis que New Delhi accélère la livraison des unités restantes, voire l’augmentation du parc, pour renforcer la protection aérienne nationale.

Selon des sources de la défense, le projet d’achat de missiles sera l’un des sujets principaux du Conseil d’acquisition de défense (DAC) lors de sa réunion prévue le 23 octobre, témoignant de l’urgence générée par les affrontements survenus en mai 2025. « La Force aérienne indienne souhaite acquérir un nombre significatif de missiles afin de renforcer davantage ses capacités de défense aérienne. Les discussions avec le côté russe sont en cours à ce sujet », ont indiqué ces sources.

Ce regain d’approvisionnement trouve son origine dans l’opération Sindoor, menée en réponse à la tragédie de Pahalgam le 7 mai 2025, au cours de laquelle 26 civils ont été assassinés par des militants soutenus par le Pakistan, affiliés aux groupes Lashkar-e-Taiba (LeT) et Jaish-e-Mohammed (JeM). Durant les quatre jours suivants, du 6 au 10 mai, s’est déroulé un intense affrontement aérien où les missiles longue portée 40N6E du S-400 ont joué un rôle déterminant.

Positionné le long de la frontière ouest, le système aurait abattu entre cinq et six avions de chasse pakistanais, notamment des JF-17 Thunder, ainsi qu’un drone espion à haute altitude, tous interceptés à des distances supérieures à 300 kilomètres à l’intérieur du territoire ennemi. Cette performance, reposant sur un guidage de précision et une capacité d’engagement multiple, a neutralisé la réponse aérienne d’Islamabad et conduit à un cessez-le-feu, selon des évaluations déclassifiées de l’IAF. Des analystes militaires du Carnegie Endowment ont salué ce succès comme une « évolution exemplaire » de la doctrine indienne de non-usage en premier, combinant frappes à distance et couverture aérienne quasi impénétrable.

La polyvalence du S-400 s’est également révélée dans ses capacités radar à balayage électronique, capables de détecter des menaces à faible observabilité malgré un environnement brouillé par la guerre électronique. De plus, son intégration avec les réseaux nationaux a permis de transmettre des données en temps réel aux chasseurs Rafale et aux systèmes sol-air indiens Akash. « Ce n’était pas seulement une défense, c’était une mise en échec systématique », a déclaré anonymement un officier de l’IAF, soulignant la portée de 400 km du système qui a transformé les tentatives d’incursion en replis forcés.

L’accord intergouvernemental signé en 2018, d’un montant de 5,43 milliards de dollars, portait sur la livraison de cinq régiments S-400 — chacun comprenant deux batteries équipées d’une gamme variée de missiles, dont les 40N6 (400 km), 48N6 (250 km) et 9M96 (portée plus courte). Trois escadrons ont déjà été déployés à Adampur, Jodhpur et Ozhukurichi, protégeant des zones sensibles du Pendjab au sud du pays. Les deux derniers régiments, retardés par les perturbations liées au conflit en Ukraine, sont désormais prévus pour une induction en 2026, sous menace de pénalités si les délais ne sont pas respectés.

Cependant, l’utilisation intensive de munitions lors de l’opération Sindoor, couplée à des exercices rigoureux en temps de paix, a considérablement réduit les stocks, poussant l’IAF à intensifier ses demandes de réapprovisionnement. Le contrat de 10 000 crore roupies vise l’achat de plusieurs centaines de missiles de différents types, incluant des améliorations pour les interceptions hypersoniques. Environ 30 % de cette commande sera réalisée sous forme de compensation industrielle avec la production locale via Bharat Dynamics Limited (BDL). Les discussions menées à Moscou le mois dernier ont également abordé les transferts de technologies pour impliquer le secteur privé indien, avec pour ambition la création de cinq escadrons supplémentaires destinés à couvrir les commandements nord et est.

Un aperçu des missiles du S-400 à l’étude :

Variante de missile Portée (km) Rôle principal Vitesse (Mach)
40N6E 400 Anti-balistique / AWACS 14
48N6DM 250 Interception avions / drones 14
9M96E2 120 Défense terminale 4,5

Cette diversification des munitions permet de faire évoluer le système S-400 d’une protection ponctuelle à un bouclier national, en interopérant notamment avec le futur système S-500 destiné aux menaces exo-atmosphériques.