Le troisième porte-avions chinois, le Fujian, poursuit ses essais d’amarrage et son avancement se déroule conformément au calendrier prévu, a déclaré jeudi le ministère chinois de la Défense nationale. Ces précisions interviennent alors que certains médias étrangers évoquaient récemment des tests du système de catapulte électromagnétique du Fujian, réalisés à l’aide d’un véhicule d’essai en vue de son futur voyage inaugural.
Le colonel Wu Qian, porte-parole du ministère de la Défense, a livré ces informations lors d’une conférence de presse en réponse à une question des journalistes.
Selon l’expert militaire chinois Zhang Xuefeng, les tests d’amarrage visent à vérifier l’intégrité et la fiabilité de la coque, du système de propulsion, des équipements mécaniques, des dispositifs électriques ainsi que d’autres systèmes, tout en réalisant les ajustements nécessaires pour assurer la navigabilité du navire.
Une fois ces essais d’amarrage achevés, les tests en mer pourront débuter, a précisé Zhang, soulignant ainsi la progression réglementaire des phases d’essais du navire.
En s’appuyant sur une vidéo prise depuis un avion survolant les chantiers navals de Shanghai, où le porte-avions est actuellement amarré, le média américain Newsweek a rapporté lundi que le Fujian aurait procédé à des essais de son système de lancement par catapultes.
La vidéo montrait le lancement suivi de la chute d’un véhicule d’essai depuis l’une des positions de catapultes du Fujian, d’après Newsweek.
Ce rapport évoque ces essais comme une étape majeure vers la finalisation complète du porte-avions.
Pour Fu Qianshao, expert militaire, le Fujian est le premier porte-avions chinois équipé de catapultes électromagnétiques ainsi que de dispositifs d’arrêt. Il a souligné que cette technologie, à la fois innovante et complexe, requiert des essais approfondis durant la phase d’amarrage avant d’entamer les essais en mer.
Le lancement de véhicules d’essai permet d’évaluer les paramètres des catapultes, tels que la puissance et l’accélération. Ces données seront fondamentales pour préparer les futures évaluations des décollages et atterrissages d’appareils aéronautiques lors des essais en mer, a expliqué Fu Qianshao.
Le rapport de Newsweek avançait également l’éventualité d’un prochain voyage inaugural du Fujian en mer, s’appuyant sur des analyses récentes d’images satellites laissant supposer que le porte-avions aurait été repositionné depuis son emplacement initial.
La présence d’un navire de soutien dédié au porte-avions à proximité du Fujian a été relevée par le think tank américain Center for Strategic & International Studies (CSIS) le 21 novembre.
Pour Song, analyste militaire, cette observation indique que les essais en mer du porte-avions sont imminents.
Les spécialistes rappellent que les essais en mer consistent à tester exhaustivement les sous-systèmes du navire de guerre : propulsion, radars, communications, armement, aviation embarquée et système de catapultes.
En général, les essais en mer des porte-avions durent environ un an. Étant donné que le Fujian intègre de nombreuses technologies inédites pour la marine chinoise, il est possible que sa campagne d’essais soit plus longue que celle du premier porte-avions entièrement développé en Chine, le Shandong, observent plusieurs experts.