Le Venezuela a accusé les États-Unis d’une « agression militaire extrêmement grave » après des explosions qui ont secoué la capitale Caracas dans la nuit de samedi, au terme d’une longue campagne de pression menée par le président Donald Trump.

Des médias américains, dont Fox News et CBS News, ont rapporté que les États-Unis menaient des frappes militaires dans ce pays des Caraïbes, marquant ainsi une escalade dramatique redoutée depuis plusieurs semaines par les Vénézuéliens.

La Maison-Blanche et le Pentagone n’ont pas commenté ces opérations présumées.

Les explosions, accompagnées du bruit d’avions survolant la ville, ont été entendues vers 2h du matin samedi, selon un journaliste de l’AFP.

Des détonations ont également été perçues à La Guaira, au nord de la capitale, où se situent l’aéroport et le port de Caracas.

« Le Venezuela rejette, répudie et dénonce devant la communauté internationale l’agression militaire extrêmement grave perpétrée par le gouvernement actuel des États-Unis d’Amérique contre le territoire et le peuple vénézuéliens », a déclaré le gouvernement du président de gauche Nicolas Maduro.

Le dirigeant vénézuélien a également décrété l’état d’urgence.

Le président voisin de Colombie a appelé à une réunion d’urgence des Nations unies au sujet de ces frappes.

« J’alerte le monde entier : ils ont attaqué le Venezuela », a écrit le dirigeant de gauche Gustavo Petro sur la plateforme sociale X.

Une certaine confusion régnait à Caracas au moment du début des frappes.

Les habitants se sont précipités à leurs fenêtres et sur leurs terrasses au milieu de la nuit pour tenter de comprendre ce qui se passait.

« De ici, on entend des explosions près du fort Tiuna », a déclaré Emmanuel Parabavis, évoquant une importante base militaire de la capitale.

« En ce moment, on entend quelque chose qui ressemble à un mitraillage. Il y a beaucoup de détonations et de tirs », a précisé Parabavis, 29 ans, chargé des relations publiques dans le quartier d’El Valle.

Selon des habitants, des coupures de courant ont également affecté certaines zones de la ville.

« Ils bombardent »

Francis Pena, un professionnel de la communication de 29 ans résidant dans l’est de Caracas, a raconté à l’AFP avoir été réveillé par sa compagne lui disant « ils bombardent ».

« Je ne peux pas voir les explosions, mais j’entends les avions. Nous commençons à préparer un sac avec les choses les plus importantes de la maison — passeport, cartes, argent liquide, bougies, vêtements de rechange, conserves », a-t-il ajouté.

Donald Trump, qui avait déployé un porte-avions et des navires de guerre dans les Caraïbes dans le cadre d’une opération initialement présentée comme une campagne anti-traite de drogue, avait à plusieurs reprises menacé de frapper le territoire vénézuélien.

Il a affirmé lundi que les États-Unis avaient frappé et détruit une zone d’amarrage présumée utilisée par des bateau de trafiquants de drogue vénézuéliens, ce qui constituerait la première frappe terrestre connue de cette campagne.

Maduro n’avait ni confirmé ni démenti cette frappe, mais a indiqué jeudi qu’il était ouvert à une coopération avec Washington.

L’administration Trump accuse Maduro de diriger un cartel de drogue, accusation démentie par le président de gauche, qui affirme que Washington cherche à le renverser en raison des plus importantes réserves pétrolières au monde que possède le Venezuela.

Ces dernières semaines, Washington a informellement fermé l’espace aérien vénézuélien, renforcé les sanctions et ordonné la saisie de pétroliers transportant du pétrole vénézuélien.

Les forces américaines ont aussi mené de nombreuses frappes sur des bateaux dans la mer des Caraïbes et l’océan Pacifique oriental depuis septembre, ciblant ce que Washington qualifie de trafiquants de drogue.

Au moins 107 personnes auraient été tuées lors de ces opérations, selon l’armée américaine.