Le viseur thermique Fury de Tonbo Imaging, développé à Bengaluru, a brillamment réussi ses essais de tir avancés sur le canon sans recul Carl Gustaf de calibre 84 mm. Sous la direction experte du colonel Bharat Sethi, commandant du 7e bataillon des Rajputana Rifles (7 Raj Rif), ces essais ont confirmé la précision mortelle de ce système dans diverses conditions, soulignant son rôle crucial dans l’amélioration des capacités opérationnelles des forces terrestres indiennes.
Conduits sur un champ de tir classifié au Rajasthan, les essais ont simulé des situations de combat réelles, incluant des embuscades en faible luminosité en milieu forestier et des assauts sur des bunkers en haute altitude. Le Fury a démontré son efficacité dans l’acquisition rapide des cibles, le calcul balistique automatisé et un taux de réussite au premier tir remarquable. Les soldats du 7 Raj Rif, expérimentés dans les opérations de contre-insurrection et les escarmouches frontalières, ont tiré des munitions explosives, anti-chars (HEAT) et fumigènes, atteignant des cibles avec une précision exceptionnelle sans nécessiter d’ajustements manuels complexes. Selon des témoins, l’interface intuitive du Fury a réduit de plus de 40 % le temps d’engagement, permettant aux opérateurs de neutraliser des cibles blindées factices à 500 mètres en moins de 10 secondes.
Le Fury incarne une avancée majeure dans la technologie de contrôle de tir, alliant une imagerie thermique haute définition à un suivi automatique des cibles assisté par intelligence artificielle, offrant ainsi une conscience situationnelle sans égal. Contrairement aux viseurs optiques traditionnels sensibles aux conditions environnementales, l’architecture numérique du Fury compense automatiquement les variables telles que le vent, la température et l’altitude, couvrant l’intégralité de la trajectoire balistique du Carl Gustaf M4, arme polyvalente d’origine suédoise largement utilisée dans les unités d’infanterie indiennes. « Ce n’est pas seulement un viseur, c’est un multiplicateur de force qui permet à chaque soldat d’opérer comme un tireur d’élite, de jour comme de nuit, par temps de pluie ou dans le brouillard », a déclaré sous couvert d’anonymat un officier du 7 Raj Rif ayant participé à l’évaluation.
Conçu pour résister aux exigences rigoureuses des champs de bataille modernes, le Fury possède un boîtier robuste classé IP67, capable de supporter chocs extrêmes, poussière et immersion. Son poids léger, de seulement 1,2 kg, facilite son intégration sur le Carl Gustaf sans nuire à la mobilité des troupes. Son électronique modulaire permet des mises à jour logicielles par USB, assurant sa pérennité face à l’évolution des menaces. Compatible avec diverses munitions, le Fury excelle notamment dans les missions anti-blindés grâce aux projectiles HEAT, capables de percer l’armure réactive, ou dans les opérations de déni d’accès par des explosions explosives tout en minimisant les dommages collatéraux grâce à un calcul de trajectoire très précis. Son système de suivi automatique verrouille les cibles mobiles jusqu’à 800 mètres, ce qui est idéal en combat urbain dynamique ou lors de patrouilles en terrain montagneux, comme dans l’Himalaya, où la visibilité est souvent difficile.
Ce succès s’appuie sur plus de dix ans d’expérience de Tonbo Imaging dans les systèmes électro-optiques, allant des viseurs de nuit additionnels aux charges utiles pour drones, tous développés dans le cadre de l’initiative Atmanirbhar Bharat, visant l’autonomie stratégique indienne. Fondée en 2012, l’entreprise a déjà obtenu plus de 100 contrats avec l’armée, fournissant ses viseurs à des forces spéciales et unités mécanisées. Les essais du Fury, validés par la branche innovation de l’armée indienne iDEX, illustrent comment l’agilité du secteur privé accélère les acquisitions, contournant les lourdeurs bureaucratiques souvent associées aux projets traditionnels menés par le DRDO. Le colonel Sethi, vétéran décoré avec des missions au Siachen et dans le Nord-Est, a supervisé personnellement l’intégration afin de garantir que le Fury s’aligne parfaitement avec la doctrine d’infanterie basée sur une « autonomie létale au plus bas niveau ».
Les répercussions potentielles sont considérables : avec plus de 10 000 Carl Gustaf en service, équiper ne serait-ce que la moitié d’entre eux avec le viseur Fury pourrait révolutionner la puissance de feu au niveau des escouades, renforçant la dissuasion contre les incursions blindées le long de la Ligne de Contrôle (LoC) ou de la Ligne de Contrôle Actuelle (LAC). Comme le souligne un analyste en défense, « à l’ère des drones omniprésents, les systèmes portables de précision comme le Fury créent un pont entre haute technologie et engagement humain ». Tonbo envisage également des perspectives d’exportation vers les alliés du QUAD, tirant parti de l’interopérabilité NATO du Fury, tout en augmentant la production dans son usine d’Hyderabad pour répondre à un carnet de commandes estimé à 500 millions d’euros.