Le système d’armes multi-rôle anti-blindés et anti-personnel Carl Gustaf (MAAWS) constitue une arme remarquable pour les forces d’infanterie légère. Pourtant, cet équipement reste l’un des plus méconnus au sein des forces d’infanterie.

Ce fusil antichar sans recul de 84 mm est connu sous de nombreux sobriquets : Carl G, le Gustaf, le Goose, MAAWS, ou encore M3. Quel que soit son nom, son aspect impressionne et suggère une puissance redoutable. Néanmoins, trop nombreux sont ceux qui le considèrent à tort comme un simple AT4 réutilisable, le cantonnant à un usage limité alors que ses performances, sa polyvalence et sa puissance le rapprochent plutôt d’un bolide de course.

Le nouveau M3A1 MAAWS, équipé d’un système intégré de contrôle de tir (FCS), est si performant qu’il frôle l’exceptionnel – à condition que les tireurs et les chefs d’unité comprennent pleinement ses capacités et sachent l’utiliser judicieusement. Le Carl G mérite d’être bien plus qu’un objet statique oublié dans les salles d’armes.

Le M3A1 Carl Gustaf est l’arme la plus puissante d’un peloton de fusiliers. Dans un contexte où l’armée américaine cherche à renforcer la létalité de ses brigades d’infanterie mécanisée (IBCT), une solution efficace repose déjà dans les réserves, attendant de recevoir l’attention qu’elle mérite.

Un contexte propice à la négligence

Deux raisons majeures expliquent le manque de reconnaissance du Carl G au sein des doctrines d’infanterie légère. Premièrement, une faible familiarisation des cadres de manœuvre : peu de chefs ont pu voir le M3 original à l’œuvre en Irak ou en Afghanistan, du fait de son déploiement limité, principalement au sein des forces spéciales. Mieux encore, très peu ont assisté aux performances du nouveau M3A1 équipé de son dispositif optique numérique intégré, qui a considérablement amélioré la précision et la constance des tirs.

Deuxièmement, le manque criant de munitions d’entraînement disponibles – qu’il s’agisse de cartouches subcalibres de 7,62 mm ou de cartouches d’entraînement pleine puissance – ne permet pas de développer l’aisance nécessaire avec cette arme. Que peut-on espérer en termes de compétence ou de confiance, quand les tireurs reçoivent le minimum annuel pour s’entraîner ? En général, cela se résume à une journée de familiarisation permettant au mieux de toucher une cible fixe à 300 mètres en plein jour, ce qui est comparable aux capacités d’un AT4. Or, le M3A1 peut engager des cibles au-delà de 1 000 mètres, de jour comme de nuit. Son système de contrôle de tir calcule instantanément la vitesse d’une cible mobile et indique au tireur où viser pour la toucher en mouvement. Avec des munitions à haute explosivité (HE) 441, les opérateurs peuvent même tirer en airburst, faisant exploser les projectiles au-dessus de troupes adverses protégées par un abri, jusqu’à 2 000 mètres.

Le Carl G sera probablement l’une des armes les plus déterminantes pour les forces d’infanterie légère en cas de conflit majeur à venir… à condition que les forces apprennent à tirer pleinement parti de ses capacités ! Cet article vise à aider les cadres à apprécier la puissance et la polyvalence de ce système d’arme, en expliquant ses principales caractéristiques, notamment celles apportées par le système de contrôle de tir numérique FCS 13-Rate Estimator (FCS13-RE). Il propose également des recommandations pour moderniser la formation au tir du M3A1, afin de renforcer tant la maîtrise individuelle des tireurs que la familiarité des chefs avec cet équipement vital pour les pelotons et escouades évoluant dans des terrains complexes.

Pour progresser, il suffit d’élargir la compréhension de ses capacités et d’offrir aux équipages un volume nettement plus important de munitions d’entraînement pour s’exercer au tir de jour comme de nuit, sur cibles fixes et mobiles à longue distance. Comme cet article l’explique, cette exigence en munitions ne représente pas une demande excessive. Au final, il est certain que la meilleure rentabilité pour l’armée sera de réviser sans tarder les allocations de munitions pour l’entraînement au M3A1.

De l’original M3 au nouveau M3A1 avec système numérique de contrôle de tir

Les forces spéciales ont été parmi les premières à reconnaître la valeur du Carl G, depuis que le 75th Ranger Regiment a reçu le M3 en 1989. Ce fusil sans recul participait régulièrement à des manœuvres de tir en peloton, où les tireurs s’exerçaient à neutraliser des bunkers à environ 400 mètres durant les nuits d’entraînement, avec des cartouches d’entraînement (TP). Chaque bunker touché représentait un spectacle spectaculaire : un seul tir suffisait à neutraliser l’ouvrage, souvent détruit par l’impact, même avec uniquement des cartouches d’entraînement en béton. Il était facile d’imaginer l’effet dévastateur d’une munition HE réelle.

Mais ces réussites étaient rares. Pour chaque bunker neutralisé, de nombreux tirs rataient leur cible, surtout lorsque les objectifs étaient petits ou plus éloignés. Les projectiles dépassaient parfois silencieusement la ligne d’horizon, instillant le doute chez les assaillants quant à la fiabilité de leurs tireurs en pleine lutte.

Les Rangers et les IBCT viennent de finaliser le déploiement du M3A1 et du système numérique FCS intégré (FCS13-RE) en octobre 2024. Fini les tirs manqués qui filaient au loin ou qui touchaient la cible trop tôt et sans effet. L’association M3A1/FCS13 ressemble à la différence entre un téléphone à touches et un smartphone : les deux envoient des messages et capturent des images, mais la rapidité et la précision du second n’ont rien à voir. Se souvenir des SMS au clavier T9 aide à comprendre à quel point la nouvelle génération améliore l’acquisition et l’engagement des cibles par rapport à la précédente et à ses organes de visée manuels.

Pourquoi le FCS13-RE révolutionne le Carl Gustaf

Toucher une cible avec un fusil sans recul présente de nombreux challenges. Chaque type de munition dispose de balistiques propres, variant selon leur nature (cartouches d’entraînement TP ou TP traceur [TPT], fumigènes, à charge creuse polyvalente HEDP, ou antichar HEAT). Leur trajectoire varie aussi en fonction de l’altitude, de la température ambiante et de la température de la charge propulsive (liée aux conditions de stockage avant tir). L’impact ne correspond pas forcément au point visé via les organes mécaniques classiques. Les tireurs du M3 d’origine devaient acquérir par l’expérience les différentes visées à adapter selon le type de munition et la distance, procédant toutefois toujours par estimation. L’ajout d’un télémètre laser Storm Laser Range Finder aidait à corriger la portée avec graduations tous les 50 mètres sur la molette de réglage manuelle, mais d’autres facteurs, comme l’altitude ou la température, restaient approximatifs.

Le M3A1 ne se contente pas de gagner 3 pouces en longueur et 7 livres en poids par rapport au modèle original. Équipé du FCS13, il devient un véritable ordinateur balistique qui ferait pâlir de jalousie tout tireur habitué à l’ancien modèle. Ce système de contrôle de tir intègre toutes les variables complexes qui auparavant induisaient des erreurs cruciales. Même la nouvelle vis de secours à point rouge (BRS) sur le M3A1 est une amélioration notable par rapport aux commandes mécaniques du M3.

Le FCS13-RE est adapté à une utilisation jour comme nuit. Son point rouge est compatible avec les systèmes de vision nocturne individuels, évitant ainsi d’avoir à changer de dispositif de visée entre les deux conditions. Le tireur indique au système l’altitude, la température extérieure et celle des munitions, qui sont immédiatement prises en compte pour déterminer précisément le point d’impact.

Ce module balistique modulaire peut stocker plus de 50 solutions balistiques correspondant aux différents types de munitions MAAWS. Avant la mission, le tireur peut pré-sélectionner jusqu’à cinq types de munitions pour un accès rapide en situation d’engagement. Lors des entraînements, il est essentiel d’identifier les options dédiées aux munitions subcalibres (notées « SCA » pour Sub-Caliber Adapter, ou « 7.62 » selon la version logicielle) afin de choisir la balistique correcte pour les cartouches TP et TPT, qui sont distinctes. Si de nouvelles munitions ne sont pas encore disponibles sur une version d’unité donnée, une mise à jour logicielle peut être téléchargée pour compléter le système.

Le télémètre laser intégré (LRF) du FCS13-RE calcule les points d’impact pour cibles fixes ou en mouvement. Une pression courte sur la gâchette du télémètre obtient une mesure immédiate sur une cible immobile. Un appui long de plus de deux secondes active le calcul balistique pour un objectif en mouvement, utilisant un gyroscope intégré et plusieurs impulsions laser. L’optoélectronique fournit alors une indication de point de plomb et de report de visée en fonction de la vitesse et de la distance de la cible, ainsi que des caractéristiques balistiques de la munition sélectionnée. Le tireur n’a plus qu’à aligner son point rouge sur ce repère avant de tirer. Cette fonctionnalité impressionnante nécessite néanmoins de nombreuses répétitions et pratiques en conditions variées de tir, distance, vitesse, positions, et visibilité pour atteindre la maîtrise.

La polyvalence du système MAAWS

Le MAAWS dépasse largement sa réputation d’arme antichar légère ou moyenne. Le large éventail des types de munitions permet au peloton d’infanterie d’envisager des usages diversifiés. Cependant, l’inventaire américain reste limité en termes de variantes disponibles. L’armée de terre déploie actuellement la cartouche à charge creuse polyvalente HEDP 552 qui peut perforer blindages légers et neutraliser des personnels, utilisable en mode impact ou retardé. Elle dispose aussi de la munition HE 441D équipée d’une temporisation pour une explosion aérienne au-dessus de cibles protégées par un abri. Pour la formation, deux types de munitions sont employés : l’adaptateur subcalibre 7,62 mm 553 et la cartouche d’entraînement traceur pleine puissance 141.

De nombreuses munitions dérivées sont en production ou déployées par des partenaires ou le Commandement des opérations spéciales américaines (USSOCOM). Parmi celles-ci, la cartouche HEAT 551C à sensibilité réduite avec ogive tandem peut détruire des chars principaux équipés de blindages réactifs explosifs (ERA). La munition anti-structure 509 (ASM), à effet thermobarique, neutralise bunkers et petits bâtiments. La cartouche multi-cibles 756 peut frapper des objectifs protégés par des murs en béton grâce à son ogive tandem. Des fumigènes fournissent des écrans denses facilitant le déplacement des assaillants sur des objectifs exposés à plus de 1 000 mètres.

L’option d’explosion aérienne avec munitions HE est l’une des capacités cruciales du MAAWS, mais peu de tireurs ou de chefs ont l’occasion de s’en familiariser en entraînement. Aucun des munitions d’entraînement ne permet de reproduire l’airburst, uniquement la détonation au contact. Seule une manipulation réelle avec munitions HE lors d’exercices garantit la maîtrise de cette capacité. Les recommandations stratégiques évoquées ici proposent un minimum de deux cartouches HE annuelles pour chaque tireur.

Contrairement au M3 d’origine, le M3A1 dispose d’une unité de contrôle de tir intégrée, capable de communiquer avec le FCS13-RE et d’adapter la munition chargée, offrant la possibilité d’utiliser des munitions avancées telles que le HE 441E avec fonction airburst. Le modèle HE 441D plus ancien nécessite que l’Aide-Canon (AG) règle manuellement le fusible pour explosion différée autour du point visé, en détonant au contact ou en airburst jusqu’à 1 200 mètres. La variante « E » améliore la vitesse initiale des projectiles pour optimiser la portée et accroître la zone d’impact grâce à une plus grande dispersion de billes métalliques.

Les unités équipées du M3 d’origine doivent continuer d’utiliser les cartouches HE 441D, car le lanceur ne peut recevoir les instructions numériques nécessaires à la munition HE 441E. Lors de l’arrivée des nouvelles munitions 441E dans l’armée, les IBCT devraient en recevoir un stock minimal pour la formation aux effets, de jour comme de nuit, afin de mesurer l’apport du FCS13-RE sur la sélection de l’airburst, fonction disponible uniquement lorsque la munition est détectée dans le tube. Les entraînements à sec ou avec munitions TP ne permettent pas d’apprendre cette fonction complexe.

Modifications nécessaires aux standards STRAC

La stratégie actuelle de formation et la procédure de qualification STRAC (Standards in Training Commission) pour le M3A1 sont insuffisantes pour bâtir une maîtrise solide du MAAWS. Ces standards doivent évoluer vers un programme plus complet, efficace et économique, permettant aux équipes de tirer de jour comme de nuit à différentes distances contre des cibles fixes et mobiles.

Le projectile d’entraînement le plus important pour la compétence est le sub-calibre de 7,62 mm (SCA). Ce système complexe comprend trois éléments : une balle traceuse réduite en charge, une amorce et un simulateur de souffle arrière. Celui-ci n’est pas recommandé car il ne reproduit pas fidèlement l’effet de souffle réel et encrasse le système. L’absence du simulateur réduit les coûts d’entraînement : seules la balle traceuse et l’amorce sont nécessaires.

Le STRAC actuel alloue quelques munitions subcalibres et une cartouche TPT par équipe M3/M3A1 pour la qualification, une définition trompeuse de la compétence réelle. Cette politique s’inspire de la formation à l’AT4 avec un unique traceur 9 mm subcalibre, alors que le MAAWS est une arme en équipe avec organes de visée primaire et secours. Le volume annuel correspondant est comparable à donner à une équipe de mitrailleuse M240 l’équivalent de 150 cartouches par an pour la qualification. Les équipes MAAWS ont besoin d’un entraînement et d’une qualification sur quatre positions de tir (debout, à genoux, assis, couché), à diverses distances (200 à 700 mètres avec munitions subcalibres), de jour comme de nuit. Aucune allocation n’est actuellement prévue pour les tirs de nuit ou pour qualifier les AG en tant que tireurs alternatifs ; ces derniers doivent puiser dans la faible réserve du tireur. Aucun tir n’est prévu pour la vis de secours (BRS) qui nécessite plusieurs réglages manuels.

Un minimum réaliste serait de prévoir 10 tirs par tireur et par AG (en tant que tireur secondaire) répartis dans un tableau d’entraînement couvrant des sites de tir et des distances variés, d’abord en phase de pratique puis de qualification.

Exemples de scénarios d’entraînement :

  • Positions : Debout, genoux, assis, couché
  • Distances : 200 m, 300 m, 400 m, 600 m, 700 m
  • Cibles : Bunker, char, véhicule blindé, fenêtre
  • Statique : bunker, véhicule blindé, char, fenêtre
  • En mouvement : véhicule blindé, char
  • Conditions : jour et nuit

Ces séances doivent être reproduites pour les tirs de nuit, pour tireurs et AG. Les munitions subcalibres seules ne permettent pas de ressentir la puissance d’une munition pleine charge ni de s’habituer aux effets de l’airburst. Le programme doit donc intégrer un nombre minimum de cartouches TPT et HE pour familiariser les équipes avec les effets réels du MAAWS.

Le FCS13-RE demeure la visée principale du M3A1, mais les équipes doivent aussi maîtriser la visée de secours BRS. Un minimum de cinq tirs subcalibres supplémentaires sera nécessaire pour cet entraînement, en condition de jour et de nuit.

Enfin, les unités d’infanterie légère souhaiteront organiser un entraînement de maintenance de compétences sur la durée, soit via des stages dédiés M3A1, soit en intégrant l’arme dans des exercices collectifs (appui-feu, peloton, compagnies). Ces activités devront combiner tirs sur cibles fixes et mobiles, de jour et de nuit, en privilégiant des munitions subcalibres avec quelques occasions de tirer des munitions pleines charges. Ces dernières sont primordiales pour que toutes les composantes du peloton comprennent l’importance d’éviter les zones de souffle arrière lors des tirs et gagnent en confiance dans la puissance organique de leur peloton.

Exposition à la surpression et gestion du « BOP out »

Les chefs d’équipe et les équipages MAAWS doivent impérativement maîtriser la problématique d’exposition à la surpression durant le tir de munition pleine charge. Appelée « blast overpressure » (BOP), cette surpression impose un nombre limite de tirs par jour à respecter pour tireurs, aides-canons, et toute personne située à moins de 100 mètres du MAAWS. Cette limite varie selon la munition et la position de tir. Une fois cette limite atteinte, les personnels sont contraints à un repos appelé « BOP out » avant de pouvoir réexploser leurs munitions. Le risque de commotion cérébrale et de lésions cognitives permanentes est élevé en cas de sur-exposition. Le suivi et le respect strict de ces limites relèvent de la responsabilité des chefs d’unité.

L’utilisation de munitions subcalibres 7,62 mm limite fortement le risque de surpression. Cela renforce encore l’intérêt d’augmenter leur disponibilité : elles ne coûtent qu’environ 1 % du prix d’une munition pleine charge et permettent une multitude de répétitions en tir, sur cibles diverses, à différentes positions et distances, sans risque sanitaire.

La formation virtuelle pour renforcer la maîtrise

La formation virtuelle apparaît comme un outil puissant pour développer la compétence MAAWS. De nombreux centres d’entraînement disposent d’installations « Engagement Skills Trainer » (EST) couvrant un large panel d’armes (M240, AT4, Javelin…), mais à ce jour, l’Armée américaine n’a pas encore acquis de simulateurs virtuels dédiés au M3 ou M3A1.

Chaque simulateur MAAWS indoor coûte environ 170 000 dollars, offrant pourtant un rapport qualité-prix intéressant. Ces systèmes permettent des répétitions illimitées sans exposition à la surpression. Intégrés aux installations dotées du FCS13-RE, ils offriraient la possibilité d’expérimenter toutes les munitions, y compris le HE 441E et des variantes spéciales indisponibles en zone conventionnelle. Ces simulateurs devraient inclure les munitions anti-structure, éclairantes, fumigènes et un large choix d’anti-blindés. Chaque grande implantation IBCT équipée d’un EST devrait acquérir au moins un simulateur M3A1. À minima, le Heavy Weapons Leader Course de Fort Benning (GA) devrait disposer d’un tel simulateur pour renforcer la maîtrise de l’arme par ses stagiaires.

Mises à jour régulières du M3A1 et du FCS13

Les unités doivent être conscientes que le FCS13-RE ainsi que le lanceur M3A1 peuvent facilement recevoir des mises à jour logicielles récurrentes. Cela inclut l’ajout de nouvelles munitions au menu de tir du FCS, ainsi que les correctifs destinés à optimiser la transmission des données entre le contrôle de tir et la munition chargée dans le tube. Le nouveau programme de maintenance prévoit ainsi une formation spécifique pour les armuriers 91F en unité, leur permettant de gérer ces mises à jour directement sur le terrain.

Maîtrise du système pour garantir la précision

Avant toute séance de tir, les équipes MAAWS doivent être rigoureuses sur deux points essentiels : le respect des procédures de pointage (boresight) et la parfaite connaissance des commandes du FCS13.

Il n’est pas nécessaire d’effectuer un réglage de zéro avant chaque tir, mais le boresight est indispensable à chaque sortie de l’arme. Cette étape requiert la coopération du tireur et de l’aide-canon, qui doivent s’exercer ensemble à ses procédures. Le boresight consiste à insérer des disques métalliques de calibrage à l’avant et à l’arrière du tube, puis à aligner avec précision l’optique et le tube sur une cible située à 300 mètres.

En plus du boresight, il est crucial que les équipes comprennent parfaitement l’usage du FCS13-RE : mise à jour de la température de la poudre (PTEMP), de l’altitude, de la température ambiante (ATEMP) avant la mission ou l’entraînement. Parmi ces facteurs, la température de la poudre est la plus importante car une poudre froide brûle plus lentement, impactant la trajectoire. La température ambiante influe particulièrement sur la précision de l’airburst des munitions HE. Une fois ces paramètres définis, le calcul balistique devient automatique pendant l’engagement.

Les tireurs doivent également savoir vérifier le type exact de munition insérée et sélectionner dans le menu numérique la correspondance précise, car les noms abrégés peuvent prêter à confusion. Le système réalise alors automatiquement tous les calculs balistiques complexes, tandis que le tireur reste maître de l’alignement final et de la cadence de tir.

Si les équipes appliquent consciencieusement le boresight, renseignent les conditions environnementales et choisissent la munition adéquate, le FCS13-RE gère tout le reste… sauf bien sûr le doigt sur la détente. Les bases du tir de précision restent indispensables, d’où l’importance de revoir la stratégie STRAC.

Conclusion

Le M3A1 se trouve aujourd’hui dans chaque armurerie des compagnies de fusiliers des IBCT, prêt à démontrer toute sa valeur. Ce fusil sans recul modernisé de 84 mm, combiné à son système intégré de contrôle de tir, est capable de neutraliser blindés, d’éclairer un champ de bataille, de masquer des mouvements, et d’éliminer des menaces protégées derrière des abris. Il fournit des effets tactiques instantanés sans contraindre l’espace aérien à proximité des forces engagées.

Cet article vise à soutenir les chefs tactiques dans la compréhension et l’emploi judicieux du système, tout en plaidant pour une mise à jour urgente de la formation et des allocations de munitions relatives au M3.

Les ajustements proposés aux standards STRAC permettront aux équipes MAAWS d’acquérir la maîtrise nécessaire pour détruire régulièrement une diversité de cibles, de nuit comme de jour, sur menaces fixes et mobiles. À mesure que les cadres prendront connaissance des fonctionnalités avancées du système et que la compétence de l’équipage se renforcera, le rôle fondamental du MAAWS dans la létalité des forces d’infanterie légère deviendra évident.

Au moment de la rédaction, le LTC D. Max Ferguson commandait le 2e bataillon du 14e régiment d’infanterie, 2e Brigade Combat Team, 10e Division de montagne. Officier de carrière de l’infanterie, il compte six déploiements en Irak, Afghanistan et Afrique de l’Ouest, dans des unités conventionnelles et spéciales. Il a récemment obtenu un doctorat en politique publique dans le cadre du programme avancé de planification stratégique de l’armée.