L’Égypte renforce progressivement sa flotte d’avions de combat de pointe, comme en témoigne l’arrivée récente de trois Rafale neufs directement livrés de France. Ce nouvel arrivage s’inscrit dans une commande majeure visant à accroître les capacités aériennes tactiques du pays tout en diversifiant ses fournisseurs d’armement.
Ces trois avions multifonctions, issus d’un contrat signé en 2021 portant sur trente appareils, ont été aperçus atterrissant dans une base aérienne égyptienne arborant encore leurs finitions d’usine et les marquages nationaux, témoignant de leur récente livraison. Bien que les autorités égyptiennes n’aient pas communiqué officiellement, les experts soulignent que cette progression régulière illustre la volonté de Le Caire de consolider son aviation tactique.
Cette livraison s’appuie sur un important accord conclu en mai 2021 entre l’Égypte et la France, par lequel l’armée égyptienne s’est engagée à acquérir 30 Rafale supplémentaires, pour une valeur d’environ 3,75 milliards d’euros. Le contrat, initialement confidentiel puis confirmé publiquement peu après, comprend un ensemble complet de soutien technique, de formation et d’intégration des systèmes d’armes. Il est financé par un prêt à dix ans garanti par un consortium bancaire français, soulignant l’engagement de la France à entretenir un partenariat stratégique durable avec l’Égypte.
Ce nouvel accord porte le total de Rafale commandés par l’Égypte à 54 appareils, après une première commande de 24 avions passée en 2015 et livrée en 2019.
Le Dassault Rafale, un saut qualitatif majeur
Pour l’Égypte, le Rafale représente un bond significatif dans ses capacités de combat aérien multifonction. La version en service, le Rafale F3R, est à ce jour la déclinaison d’export la plus avancée, alliant une avionique de pointe, des capacités d’attaque de précision à longue portée, un excellent potentiel air-air ainsi que des fonctions de reconnaissance sophistiquées.
Équipé du radar Thales RBE2-AA AESA, du module de désignation Talios et intégrant des armements tels que le missile BVRAAM Meteor ou le missile de croisière SCALP-EG, le Rafale F3R confère à l’Égypte une supériorité stratégique adaptée aux opérations de longue distance et aux combats aériens intenses.
Une puissance régionale consolidée
Dans le paysage aérien du Moyen-Orient, l’arrivée des Rafale positionne l’Égypte parmi les forces aériennes les plus modernes de la région. Avec 24 Rafale déjà en service depuis le premier contrat, les livraisons actuelles portent la flotte à au moins 30 appareils. Une fois la totalité des 30 avions du contrat de 2021 reçue, le parc passera à 54 Rafale, faisant de l’Égypte le plus grand utilisateur de Rafale hors OTAN et la deuxième flotte mondiale après la France.
En 2025, la force aérienne égyptienne dispose ainsi d’une flotte tactique diversifiée : unités d’entraînement équipées de 26 F-16A et 6 F-16B Fighting Falcon, escadrons d’attaque terrestre et de défense aérienne opérant 138 F-16C et 37 F-16D, soutenus par 2 Mirage 2000B et 15 Mirage 2000C.
Outre ses appareils occidentaux, l’Égypte exploite également 41 MiG-29M et MiG-29M2 Fulcrum d’origine russe. Le contingent Rafale, principalement basé à Gebel El Basur, comprend actuellement 16 Rafale DM biplaces et 8 Rafale EM monoplace, un effectif en constante progression grâce aux livraisons continues.
Une capacité accrue d’opérations à longue distance
L’introduction du Rafale a transformé la capacité de l’Égypte à mener des opérations autonomes de longue portée en Afrique du Nord et en Méditerranée orientale. La plateforme complète la flotte aérienne égyptienne en offrant une grande interopérabilité avec les systèmes de l’OTAN et une polyvalence inégalée en environnements complexes. Cette multifonctionnalité permet à la force aérienne égyptienne de déployer sa puissance dans des missions variées, allant des frappes maritimes et du soutien au sol à la supériorité aérienne et aux opérations de renseignement, surveillance et reconnaissance (ISR).
Un Rafale très demandé au Moyen-Orient
L’Égypte n’est pas le seul pays de la région à s’équiper de Rafale. Le Qatar et les Émirats arabes unis se sont également tournés vers ce chasseur emblématique de Dassault pour renforcer leurs capacités aériennes. Le Qatar a commandé 36 Rafale, dont la livraison est planifiée pour 2026, tout en continuant la formation de ses pilotes en coopération avec l’Armée de l’Air et de l’Espace françaises. Les Émirats ont quant à eux signé fin 2021 un contrat historique pour 80 Rafale F4, la future version offrant une connectivité renforcée, une fusion améliorée des capteurs et une meilleure survie, constituant le plus gros contrat d’exportation du Rafale à ce jour.
Ces acquisitions illustrent une dynamique régionale majeure de modernisation, alors que les flottes traditionnelles de F-16, Mirage ou MiG arrivent en fin de cycle.
Un symbole du rayonnement industriel et stratégique français
Pour la France, ces livraisons successives de Rafale à l’Égypte démontrent la vitalité de son industrie aéronautique et le poids diplomatique maintenu dans une région clé. Elles confirment la capacité de Dassault Aviation à fournir des plateformes complexes dans les délais, tout en consolidant la position de la France comme partenaire incontournable en matière de défense au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
Alain Servaes