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Les États-Unis ont récemment désigné The Resistance Front (TRF) comme une organisation terroriste étrangère ainsi qu’une entité terroriste mondiale spécialement désignée. Cette décision constitue un revers majeur pour le Pakistan, révélant au grand jour ses méthodes de soutien au terrorisme.

The Resistance Front n’est rien d’autre qu’une façade du Lashkar-e-Taiba. Cette organisation a été créée et présentée comme un groupe local du Jammu-et-Cachemire afin de fournir au Pakistan et au Lashkar-e-Taiba une forme de déni plausible. L’objectif était de faire passer le conflit au Cachemire comme une lutte locale, tout en permettant au Pakistan de poursuivre ses attaques terroristes sans attirer l’attention du Groupe d’action financière (GAFI, ou FATF en anglais).

Les dernières révélations issues de l’enquête de l’Agence nationale d’investigation (NIA) indienne concernant les activités du TRF montrent que le Pakistan ne peut plus compter sur ce subterfuge pour échapper à la surveillance du GAFI. Le TRF dispose d’un réseau profondément enraciné au Jammu-et-Cachemire, avec des acteurs locaux en contact, sur ordre de Islamabad, avec des individus dans le Golfe et en Malaisie pour assurer le financement des opérations terroristes.

Au cours de l’enquête, le nom de Sajad Ahmed Mir, résident en Malaisie, est apparu. Des écoutes téléphoniques sur Yasir Hayat, un suspect, ont révélé ses échanges avec Mir pour organiser des transferts de fonds. Hayat a effectué plusieurs déplacements en Malaisie dans ce but.

Les informations recueillies indiquent que, avec l’aide de son contact malaisien, Hayat a levé 9 lakh de roupies (environ 10 500 euros) destinées à The Resistance Front. Cette somme a été confiée à un autre membre clé, Shafat Wani, pour financer les activités de l’organisation.

Wani, élément central du TRF, aurait lui aussi voyagé en Malaisie sous le prétexte d’assister à une conférence universitaire, visite qui n’avait en réalité aucun soutien officiel de la part de l’université concernée.

La NIA a également découvert que Hayat, en plus de ses contacts en Malaisie, communiquait avec deux ressortissants pakistanais. Sa mission principale consistait à établir un réseau international de collecte de fonds pour le groupe terroriste.

Si les enquêteurs disposent déjà de nombreux éléments sur les opérations du TRF, identifier l’intégralité des circuits financiers reste crucial. Le 13 août, la NIA avait déjà annoncé la découverte d’un important réseau de financement étranger en cours d’investigation approfondie.

Le téléphone de Hayat comporte 463 contacts, tous minutieusement examinés par la NIA. De multiples communications avec le Pakistan et la Malaisie ont été recensées. Ces éléments sont essentiels pour reconstituer le réseau de financement du TRF.

Ces découvertes devraient permettre à l’Inde de mieux exposer le rôle du Pakistan devant le GAFI, qui surveille particulièrement le financement du terrorisme.

L’Inde s’efforce de bâtir un dossier solide contre le Pakistan afin de renforcer la pression pour que ce dernier soit réintégré sur la « liste grise » du GAFI. Créé en 2019 pour remplacer un Hizbul Mujahideen en perte de vitesse, The Resistance Front visait également à donner une nouvelle identité aux actions terroristes locales.

Ce groupe sert à dissimuler les opérations du Lashkar-e-Taiba, présentant les attaques comme une résistance indigène et non comme un terrorisme parrainé par le Pakistan. Ce qui apparaissait comme un mouvement local naissant est en réalité une nouvelle branche maquillée du Lashkar-e-Taiba, conçue pour tromper la communauté internationale et détourner l’attention d’organismes de contrôle comme le GAFI.