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Les autorités indiennes observent avec attention un alignement croissant de l’armée bangladaise avec des éléments soutenus par le service de renseignement pakistanais, l’ISI. Ce rapprochement inquiétant suscite des préoccupations quant à l’évolution stratégique le long de la frontière indo-bangladaise.

Autrefois perçue comme un pilier de stabilité, l’armée du Bangladesh semblait récemment incarner un dernier espoir pour la paix dans le pays. Il y a à peine deux mois, elle s’était engagée publiquement en faveur du calme, allant même jusqu’à contrecarrer une tentative de provocations visant à déclencher des incidents frontaliers avec l’Inde. Cependant, cette posture a largement changé et l’institution militaire paraît désormais sous forte influence du parti Jamaat-e-Islami, proche de l’ISI pakistanais.

Alors que sous le gouvernement de Sheikh Hasina, l’armée bangladaise maintenait une distance prudente vis-à-vis du Pakistan, la situation a évolué depuis la chute de ce gouvernement. L’appareil militaire pakistanais, notamment l’ISI, a intensifié ses interventions au Bangladesh. Plusieurs visites d’officiels pakistanais ont eu lieu, au cours desquelles ils ont encouragé des groupes terroristes à multiplier leurs modules d’opérations, tout en leur fournissant un soutien tactique pour cibler l’Inde.

Plus préoccupant encore, des terroristes pakistanais ont été déployés au Bangladesh afin de former des militants capables de mener des attaques sur le sol indien. La stabilité du Bangladesh ayant des répercussions directes sur la sécurité indienne, cette évolution est perçue comme une menace croissante dans la région.

Le chef de l’armée bangladaise, le général Waker-Uz-Zaman, avait auparavant affirmé clairement son refus de tolérer toute violence à l’encontre des minorités. Il s’était aussi tenu en retrait de plusieurs décisions gouvernementales sous influence pakistanaise. Mais ces derniers temps, l’institution militaire semble s’être alignée sur le gouvernement Yunus, soutenu par Jamaat-e-Islami.

En septembre dernier, cette évolution s’est matérialisée de façon dramatique lorsque des soldats ont ouvert le feu sur des manifestants hindous et bouddhistes protestant contre des agressions sexuelles et des attaques de temples dans la région de Khagrachhari. La manifestation faisait suite au viol d’une jeune fille non musulmane issue d’une communauté tribale.

Selon des sources de renseignement, ce revirement n’est pas une surprise. Si le chef d’état-major et ses proches collaborateurs étaient initialement opposés aux orientations du gouvernement Yunus, une large part des forces armées a basculé sous l’influence du Jamaat et de l’ISI. Cette pression interne a contraint la hiérarchie à modifier sa position, dans un contexte où la survie institutionnelle semble dictée par l’allégeance aux nouveaux maîtres du pouvoir.

Dans les jours à venir, une délégation pakistanaise de haut niveau composée de quatre membres, conduite par le directeur général du personnel conjoint, le lieutenant général Tabassum Habib, doit se rendre au Bangladesh. Ce déplacement sera l’occasion de renforcer les contacts entre les états-majors des deux armées, témoignant du creusement des liens bilatéraux.

Parallèlement, la Turquie joue un rôle actif pour consolider l’amitié stratégique entre Dacca et Islamabad. Le renforcement de ces relations militaires suscite une vigilance accrue en Inde, même si aucune des deux armées ne saurait encore rivaliser militairement avec New Delhi.

Les forces de sécurité indiennes restent toutefois pleinement mobilisées, conscientes que ces nouveaux partenariats constituent des facteurs de tension potentiels le long de la frontière commune. Malgré tout, il est estimé que le Bangladesh agirait avec prudence avant toute provocation directe envers l’Inde.

Enfin, de récents rapports indiquent que le général Waker-Uz-Zaman pourrait renoncer à se rendre à New Delhi pour le prochain conclave des chefs de forces en mission de maintien de la paix des Nations unies, prévu du 14 au 16 octobre. Il pourrait déléguer cette tâche à un officier subalterne, signalant ainsi une nette dégradation des liens militaires qui furent autrefois étroits entre les armées bangladaise et indienne.