L’armée américaine célèbre le 250e anniversaire de son Corps des aumôniers, soulignant deux siècles et demi d’accompagnement spirituel et religieux au service des soldats. Fondé peu de temps après la création de l’armée en juin 1775, le Corps des aumôniers joue un rôle essentiel dans le soutien moral et religieux des combattants.
« Les membres actuels du Corps des aumôniers perpétuent un héritage sacré, que nos prédécesseurs ont commencé à bâtir avant même la fondation de notre nation en 1776 », déclare le général de division William Green Jr., 26e chef des aumôniers de l’armée. « Le général George Washington a demandé à ce que des aumôniers soient intégrés à l’armée afin de répondre aux besoins spirituels des soldats et soutenir leur moral et leurs bonnes mœurs. »
À la demande de Washington, le Congrès continental autorisa la présence d’un aumônier par régiment régulier de l’armée continentale, précisait Green, en ajoutant que de nombreux régiments de milice disposaient également d’aumôniers lors des combats.
De nos jours, le rôle du Corps des aumôniers reste aussi crucial qu’il y a 250 ans. Il regroupe aujourd’hui plus de 3 000 aumôniers, près de 3 000 spécialistes des affaires religieuses, plus de 500 candidats aumôniers et plus de 50 directeurs de l’éducation religieuse dans l’armée régulière, la réserve et la garde nationale. Leur mission demeure d’apporter un soutien religieux et des conseils spirituels à tous les soldats, quels que soient leur grade et leurs croyances.
« Notre Corps des aumôniers est le plus diversifié et le plus performant de toute notre histoire, affirme le général Green. Il continuera de l’être afin d’accompagner l’armée dans ses préparations pour gagner les opérations de combat à grande échelle et dans les domaines multiples à venir. Notre corps est une branche unique de l’armée totale, un élément-clé pour la réussite de la nation sur les futurs champs de bataille, tout comme il l’a été durant la guerre d’indépendance. »
Le capitaine Bryce A. Wiltermood, aumônier protestant affecté au 7e groupe des forces spéciales à Eglin Air Force Base en Floride, n’a pas commencé sa carrière comme aumônier. Engagé en 2005, il fut combattant d’infanterie indirecte au sein du 75e régiment de rangers et de la 101e division aéroportée.
« C’était un engagement de quatre ans, pendant lesquels j’ai passé 18 mois en zones de combat comme artificier mortier. J’ai été déployé en Irak à plusieurs reprises, pour un total de 18 mois », explique-t-il.
Après son engagement initial, Wiltermood quitta l’armée active pour rejoindre la réserve et achever une licence en psychologie. Il envisagea alors de reprendre le service, mais sous un autre aspect.
« Je savais que je voulais continuer à servir, mais d’une manière différente, confie-t-il. Ce désir est né de l’influence positive de certains aumôniers sur moi. Après beaucoup de réflexion et d’échanges avec mon épouse, j’ai ressenti cet appel. À la fin de mes études, j’ai poursuivi un master en théologie. »
Diplômé, il s’engagea en 2016 comme aumônier dans l’armée. Il retrouve désormais les zones de conflit, cette fois sans arme mais pour accompagner spirituellement les combattants.
« J’ai effectué plusieurs déploiements en zones de combat en Irak, Syrie et Jordanie. L’aumônier a pour mission de garantir la liberté de culte des troupes mais aussi de conseiller les commandants. Ses responsabilités majeures incluent le soutien religieux, le soin spirituel et émotionnel des soldats, le conseil, la gestion des crises, l’accompagnement des blessés, ainsi que la résilience et la préparation des forces. Par exemple, à travers des événements de bien-être spirituel, des conseils ou des actions de prévention du suicide, l’aumônier est un outil précieux pour préparer l’armée », relate-t-il.
Selon Wiltermood, les meilleurs aumôniers vont à la rencontre des soldats au lieu d’attendre qu’ils viennent à eux.
« L’aumônier doit être présent partout : en patrouille, aux postes de garde, au stand de tir ou lors des séances de sport matinales. Où que soient les soldats, l’aumônier doit bâtir des relations de confiance », affirme-t-il.
Il envisage de rester dans l’armée aussi longtemps que possible pour servir les soldats où qu’ils soient déployés.
« Après vingt ans de service, je me reconnais un peu dans chaque soldat. Je crois que tout le monde a besoin d’une oreille attentive, non jugeante, de la présence apaisante de quelqu’un prêt à écouter et à rappeler l’importance du sacré », conclut-il.
En accompagnant les soldats, Wiltermood contribue à maintenir leur force morale conformément à la tradition de soutien spirituel qui précède même la création des États-Unis.
« L’un des plus grands atouts de ce pays est la liberté pour chacun de pratiquer sa foi selon sa conscience. L’aumônier, quelle que soit la croyance ou l’absence de foi du soldat, est là pour accompagner et servir », insiste-t-il.