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Le gouvernement britannique et BAE Systems ont obtenu de nouveaux contrats pour les chantiers navals de Glasgow après la confirmation par la Norvège de l’achat de frégates de type 26, faisant du Clyde un acteur central de ce programme naval.

Les premières livraisons à la Marine royale norvégienne sont attendues à partir de 2030, renforçant ainsi l’intégration de la construction navale écossaise dans la défense nordique de l’OTAN.

Le chantier du Clyde est déjà fortement mobilisé pour la fabrication des huit frégates Type 26 destinées à la Royal Navy, dont les trois premières ont été commandées en 2017, suivies de cinq supplémentaires dans le cadre d’un contrat de 4,2 milliards de livres signé en 2022. Ce contrat soutient environ 1 700 emplois directs dans les chantiers de Govan et Scotstoun, ainsi que 2 300 postes dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement britannique. Par ailleurs, BAE a investi plus de 300 millions de livres dans la modernisation des installations pour assurer la continuité de la production durant la prochaine décennie.

« C’est une bonne nouvelle pour le Clyde. Sécuriser ce travail nous donne de la confiance pour l’avenir et permet de maintenir des emplois qualifiés ici à Glasgow », a déclaré un ouvrier du chantier au magazine UK Defence Journal.

La Norvège prévoit de commander au moins cinq frégates, ce qui suffira à remplacer ses quatre bâtiments encore en service de la classe Fridtjof Nansen et à compenser la perte du HNoMS Helge Ingstad, coulé en 2018. Si cette commande est confirmée, le chantier du Clyde deviendra le centre de construction de plus de vingt frégates Type 26 dans le monde, en comptant les navires déjà engagés pour le Royaume-Uni, l’Australie et le Canada.

Les retombées ne se limitent pas à BAE Systems. Ferguson Marine, situé en aval à Port Glasgow, a déjà obtenu des contrats dans le cadre du programme, notamment la fabrication de modules structurels pour le quatrième navire de la Royal Navy, le HMS Birmingham. Pour ce chantier naval, qui a connu des difficultés ces dernières années, ces contrats représentent une bouffée d’oxygène et illustrent la diffusion des bénéfices liés à la chaîne d’approvisionnement autour du Type 26 à travers toute l’Écosse.

Sur le plan économique, l’impact est notable. Les dépenses de défense dédiées aux frégates contribuent à soutenir plus de 12 000 emplois en Écosse, une estimation qui prend en compte les emplois indirects liés à la chaîne d’approvisionnement. Chaque gros contrat génère un effet multiplicateur dans la région, allant de la découpe de l’acier aux systèmes électroniques avancés, confirmant le rôle clé du Clyde comme l’un des plus importants pôles industriels du Royaume-Uni.

La décision norvégienne présente également une dimension stratégique. En rejoignant la communauté des utilisateurs des frégates Type 26 aux côtés du Royaume-Uni, du Canada et de l’Australie, Oslo s’engage dans un programme multinational à long terme, partagé en termes de formation, de maintenance et de modernisations. Pour le chantier du Clyde, cela signifie construire des navires non seulement pour la Royal Navy, mais aussi pour des alliés de l’OTAN confrontés aux mêmes menaces dans l’Atlantique Nord et le Grand Nord.

Avec un carnet de commandes assuré jusqu’aux années 2030, les chantiers de Glasgow confirment leur statut de cœur de la production britannique avancée de navires de guerre, une position renforcée par l’internationalisation croissante du programme.