Six mois après les violents affrontements de l’opération Sindoor qui ont embrasé le ciel de l’Asie du Sud, les stigmates de mai 2025 restent visibles. De nouvelles images satellite analysées par des experts en renseignement open source révèlent une reconstruction prudente du hangar endommagé à la base aérienne de Shahbaz, plus connue sous le nom de Jacobabad, une cible clé des frappes de riposte indiennes. Ce qui avait débuté par un incendie ravageur se transforme aujourd’hui en un démontage méthodique, la structure étant examinée par phases, suggérant des dommages internes nécessitant une expertise approfondie avant une reconstruction complète. Dans un contexte de cessez-le-feu fragile, cette lente opération témoigne de l’impact durable sur la capacité aérienne pakistanaise.
Les images prises entre juillet et novembre 2025 illustrent une prudence quasi-forensique : pas de réparations précipitées, mais un démontage progressif visant à détecter les fractures invisibles causées par les munitions indiennes qui ont frappé du 8 au 10 mai. Pour l’Armée de l’air pakistanaise (PAF), cet épisode rappelle cruellement que même les abris renforcés ne sont pas invulnérables et que les marques laissées par Sindoor sont plus profondes que les seuls cratères visibles.
À la veille du 7 mai 2025, une série de provocations — supposées incursions de drones pakistanais dans l’espace aérien indien, bombardements transfrontaliers et activation de camps terroristes — ont poussé New Delhi à déclencher l’opération Sindoor, nommée d’après le vermillon synonyme de détermination. Cette opération se caractérise par une salve de missiles de croisière supersoniques BrahMos et de bombes guidées Spice-2000, visant avec précision neuf installations de la PAF, du Line of Control (LoC) jusqu’à la mer d’Arabie. Jacobabad, vaste plateforme en province de Sindh opérée conjointement avec les États-Unis pour la logistique, fut une cible prioritaire : base de squadrons de F-16, d’opérations AWACS et de flottes de drones aux missions souvent occultes.
Les images satellite fournies par Planet Labs et Maxar, diffusées peu après les frappes, témoignaient du chaos : un trou béant dans le toit renforcé du hangar, des traces de brûlure en rayons autour, ainsi que des débris éparpillés sur le tarmac, où étaient stationnés des F-16 d’ancienne origine jordanienne. Une enquête exclusive de NDTV, avec des photos avant/après, confirmait au moins trois impacts directs, provoquant des explosions secondaires qui ont vraisemblablement détruit les ateliers avioniques et les dépôts de munitions. Islamabad a minimisé ces dégâts, évoquant de simples éclats d’obus et affirmant que le hangar était vide, avec seulement quelques membres du personnel touchés par des débris suite à un impact radar voisin. Cependant, les estimations indiennes faisaient état de pertes humaines plus lourdes, mentionnant jusqu’à une douzaine de militaires pakistanais blessés ou tués, ainsi que des rapports faisant état d’une plateforme AWACS Erieye endommagée dans une frappe simultanée à Bholari.
Une analyse publiée par le New York Times en mai 2025 qualifiait globalement les dommages de « limités » — pistes d’envol cratérisées mais réparables, hangars partiellement brûlés mais structurellement intacts — avec pour Jacobabad une déchirure symbolique mettant en lumière sa vulnérabilité. Sur les forums de défense Reddit, les débats faisaient rage, confrontant les déclarations opaques pakistanaises à la preuve visuelle de frappes ciblées.
Dans ce contexte, l’analyse OSINT de Damien Symon, analyste connu sous le pseudonyme @detresfa_ sur les réseaux, s’impose. Dans un message viral publié récemment sur X, il a partagé une chronologie de la reconstruction à Jacobabad, basée sur une succession d’images PlanetScope : « Les images des derniers mois montrent que le hangar visé par l’Inde lors du conflit de mai 2025 a vu son toit démonté étape par étape, vraisemblablement dans le cadre d’une inspection approfondie des dégâts internes avant d’envisager la réparation. »
Les échanges sur X ont alimenté le récit — @idrwalerts pointait les anciens avions jordaniens comme pertes probables, tandis que certains sceptiques comme @SubhanJaved911 répétaient le refrain d’un « hangar vide », avant de se heurter à des preuves tangibles telles que les débris au sol et les rapports de victimes.