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L’armée américaine intègre l’intelligence artificielle (IA) dans le processus de sélection des militaires souhaitant être promus. Cette technologie permet d’analyser efficacement les dossiers des soldats, évaluant leur éligibilité et d’autres critères essentiels.

Le général de division Hope Rampy, commandant de l’Army Human Resource Command, explique que les commissions d’évaluation des militaires doivent examiner des milliers de dossiers, dont certains concernent des soldats « qui ne sont même pas compétitifs pour une promotion, mais pour lesquels nous devons attribuer un score sans mérite ».

L’objectif est que les algorithmes développés puissent filtrer dès le départ les soldats remplissant les conditions préalables à une promotion, telles que certaines formations ou expériences professionnelles, afin d’éviter de perdre du temps sur des candidats non éligibles.

Le colonel Tom Malejko, directeur de l’analyse des talents à l’Army Human Resources Command, souligne que l’IA ne remplacera pas l’humain et que les responsables garderont la possibilité de « passer outre les décisions prises par l’ordinateur à chaque étape ». Malejko a présenté cette initiative lors de la conférence annuelle de l’Association de l’Armée américaine à Washington D.C.

L’armée a conçu son propre algorithme capable d’examiner les dossiers des soldats et de noter automatiquement leurs rapports d’évaluation. Toutefois, des mécanismes ont été intégrés afin de réduire les risques de biais liés à l’IA. Ces contrôles garantissent, par exemple, que le nom du soldat, ainsi que son origine ethnique ou raciale, ne soient pas pris en compte dans le score, de même que sa branche ou son grade.

« Certaines de ces données peuvent parfois être corrélées à des scores différents », précise Malejko.

Ces systèmes de filtrage automatisé permettent de réduire rapidement le nombre de candidats en début de procédure. « Peut-on éliminer dès le départ les individus qui ne sont pas vraiment compétitifs pour le processus, afin que les membres des commissions puissent concentrer leur temps et leurs ressources sur les candidats les plus méritants ? », questionne Malejko. « L’idée est de diriger notre attention sur les décisions où seul un jugement humain est pertinent, tandis que l’ordinateur se charge du tri basé sur des critères clairs et objectifs. »

Le colonel ajoute que l’armée expérimente déjà l’IA avec les commissions de sélection des sous-officiers, dans le cadre d’un projet pilote, avant de l’étendre aux commissions d’officiers, après obtention des autorisations nécessaires du Congrès.

Le général Rampy rappelle qu’un algorithme est utilisé depuis quatre ans pour filtrer les dossiers et inviter certains candidats à un conseil de commandement. Grâce à son apprentissage sur des données récentes, cet algorithme s’améliore avec le temps.

Elle rappelle toutefois des limitations, citant une année où l’algorithme a exclu certains militaires du renseignement militaire d’une invitation à un conseil, à cause des formulations présentes dans certains rapports d’évaluation. Les recruteurs ont alors dû corriger manuellement ces omissions, invitant plus de 30 officiers initialement écartés par l’IA. L’année suivante, il a fallu à nouveau ajouter quelques officiers exclus lors de la sélection automatique.