Selon un analyste américain, les systèmes de défense aérienne chinois HQ-9B, déployés au Pakistan, ont montré de graves faiblesses lors du récent conflit avec l’Inde. Ces systèmes ont été surpassés par l’efficacité des batteries indiennes S-400 Triumf d’origine russe et des missiles BrahMos.
Brandon J. Weichert, rédacteur senior en sécurité nationale pour The National Interest, souligne que la Chine a fourni à plusieurs reprises des systèmes HQ-9B à longue portée au Pakistan avant le conflit. Inspiré du système russe S-300, le HQ-9B est considéré comme une version chinoise, développée après reverse engineering. Des éléments du système avancé russe S-400 ainsi que des composants américains et israéliens ont été intégrés pour améliorer le produit destiné à l’export. Malgré ces adaptations, Weichert décrit le HQ-9B comme un « monstre de Frankenstein » qui n’a pas tenu ses promesses en conditions réelles de combat.
En comparaison, la mise en œuvre par l’Inde des S-400 russes s’est avérée décisive. Durant les quatre jours de combats, le HQ-9B a été éclipsé, révélant l’écart de performance entre un système éprouvé au combat et un autre encore largement non testé en situation réelle. Bien que le HQ-9B dérive du S-300, Weichert précise qu’il ne s’agit ni d’un S-300 authentique, ni d’un système comparable au S-400 en termes de capacités et de robustesse.
L’expert militaire russe Andrei Martyanov, intervenant sur le podcast de Weichert, a été encore plus sévère. Il a qualifié le HQ-9B de mauvaise imitation du système russe supérieur, indiquant que le système chinois « a très mal performé au Pakistan ». D’après lui, le HQ-9B était incapable d’intercepter des menaces supersoniques et peinait même face à des cibles subsoniques. Cette insuffisance explique pourquoi l’Inde a mis un accent particulier sur le déploiement complet du missile BrahMos, qui a démontré son efficacité tout au long du conflit.
Martyanov a affirmé que les missiles BrahMos indiens « ont littéralement anéanti » les systèmes HQ-9B chinois déployés par le Pakistan. La Chine avait livré ces systèmes à Islamabad en 2021, avec des mises à jour régulières jusqu’en 2024. Beijing présentait le HQ-9B comme une alternative moins coûteuse que le S-400, avec des capacités proches. Bien que le Pakistan ait pu souhaiter acquérir des S-400 russes, les sanctions occidentales contre Moscou et la réticence de la Russie à fournir un matériel stratégique à Islamabad, en raison de ses liens avec l’Inde, ont poussé le Pakistan vers la Chine comme unique fournisseur.
Le véritable test en combat réel s’est révélé sans indulgence. Selon Weichert, les HQ-9B pakistanais, déployés pour protéger des sites critiques proches de Lahore et Sialkot, n’ont réussi à intercepter aucun missile, drone ni munition autonome indienne. Pire encore, le radar HT-233 du système a été neutralisé par les techniques indiennes de guerre électronique et brouillage, rendant la défense quasi-inopérante. Cette défaillance a conduit à la destruction de plusieurs lanceurs et éléments de commandement lors des frappes indiennes, soulignant une faible capacité de survie et une intégration déficiente aux réseaux de défense.
Après le conflit, Islamabad aurait discrètement revu la performance du HQ-9B. Des sources indiquent que la dépendance du système à la poursuite radar semi-active a rendu les batteries vulnérables, en leur attribuant une « énorme cible identifiable » pour l’aviation indienne. Cette situation a facilité les attaques variées menées contre les systèmes, menant à leur destruction. En outre, le volume limité des déploiements, estimé entre 12 et 18 lanceurs HQ-9B, contraste fortement avec les plus de 40 lanceurs S-400 en service dans le cadre d’un réseau de défense aérienne dense et stratifié en Inde.
Alors que des sources chinoises imputaient ces échecs à un faible niveau de formation pakistanaise, les observateurs indiens et pakistanais s’accordent à dire que le HQ-9B a également eu du mal face à des drones lents. Weichert considère désormais la confiance pakistanaise dans la technologie chinoise en matière de défense aérienne sérieusement ébranlée. Islamabad étudierait désormais des alternatives comme les systèmes turcs S?PER Block 1 et Block 2, réputés offrir de meilleures contre-mesures électroniques. Le Pakistan envisagerait aussi le HQ-19 chinois, mais cela pourrait s’inscrire avant tout dans une démarche politique pour apaiser Pékin pendant que le pays cherche discrètement à diversifier ses fournisseurs.
Weichert conclut qu’une fois les système HQ-9B neutralisés, la posture de défense du Pakistan s’est rapidement affaiblie. Bien que l’aviation pakistanaise ait montré de meilleures performances que prévu dans certains affrontements, la rupture du parapluie aérien chinois a créé une vulnérabilité majeure exploitée par l’Inde. Ce conflit a validé les investissements indiens dans des systèmes comme le S-400 et le BrahMos, tout en portant un coup sérieux à la crédibilité des exportations chinoises en matière de défense aérienne sur la scène internationale.