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Un nouveau rapport du Comité de la Défense met en garde contre la montée en puissance des menaces émanant d’États hostiles, agissant en deçà du seuil de la guerre ouverte. Il appelle à une approche globale impliquant l’ensemble de la société britannique pour renforcer la résilience nationale.

Ce rapport multipartite, intitulé La défense en zone grise, souligne que les menaces en zone grise – allant du sabotage et de l’espionnage aux cyberattaques et à la désinformation – augmentent en rapidité, en ampleur et en intensité.

Selon le Comité, ces opérations « apportent la guerre à notre porte, à chacun d’entre nous ».

Tan Dhesi, président du Comité de la Défense, a déclaré :

« Nos adversaires ont délibérément estompé la ligne entre paix et guerre. Les menaces en zone grise constituent un défi particulièrement insidieux – elles déstabilisent le quotidien et entravent notre capacité de réaction. »

Le rapport appelle le ministère de la Défense à jouer un rôle central dans la coordination avec les autres ministères, les entreprises, les établissements scolaires et les communautés afin de sensibiliser le public et renforcer la résilience à long terme. Cela passe notamment par l’intégration des compétences cyber dans le système éducatif et la collaboration avec les secteurs industriels pour se prémunir contre les rançongiciels et les attaques visant les infrastructures numériques.

« Le ministère de la Défense joue un rôle important dans la défense contre les attaques en zone grise, mais ce n’est qu’une partie de la réponse », explique Tan Dhesi. « Ces attaques ne font pas de distinction ; elles ciblent l’ensemble de notre société et exigent donc une mobilisation générale, où chacun doit jouer son rôle. »

Parmi les recommandations majeures, le rapport préconise la création d’un poste dédié de ministre chargé de la sécurité intérieure, afin de coordonner la réponse gouvernementale face aux menaces en zone grise.

Le document insiste également sur le rôle croissant de la Force expéditionnaire conjointe dirigée par le Royaume-Uni (Joint Expeditionary Force – JEF), notamment dans la dissuasion des activités russes dans la mer Baltique et le Grand Nord. Il recommande :

  • Le renforcement des navires de la Royal Navy, y compris les futurs destroyers de type 83, pour permettre des opérations prolongées en conditions arctiques.
  • L’augmentation de la présence permanente de la JEF en mer Baltique afin de répondre aux menaces de sabotage contre les câbles sous-marins et protéger les voies de transport de troupes essentielles.
  • Le développement des capacités déployables pour surveiller et défendre les infrastructures sous-marines.

« Nous devons désormais partir du principe que toute vulnérabilité sera exploitée contre nous », alerte Tan Dhesi. « Les industries et technologies dont nous dépendons le plus sont des cibles évidentes pour des États hostiles. C’est pourquoi nous demandons un renforcement des compétences et des protections numériques et cyber. »

Le rapport présente la zone grise non pas comme un enjeu marginal de la sécurité, mais comme une caractéristique centrale des conflits modernes, nécessitant l’engagement total de la société britannique pour y faire face.