Le comité de la Défense britannique recommande de renforcer les futurs destroyers Type 83 pour les opérations en Arctique, dans le cadre d’une stratégie plus large visant à contrer les menaces de la zone grise et à protéger les infrastructures sous-marines critiques.

Dans son nouveau rapport Défense en zone grise, le comité alerte sur le fait que des États hostiles ciblent de plus en plus les câbles sous-marins et les infrastructures maritimes par des actes de sabotage et des activités sous-seuil. Il souligne que le Royaume-Uni doit pouvoir opérer efficacement dans les régions du Grand Nord et de la mer Baltique, zones où se concentrent ces attaques.

« L’effet dissuasif de la Force expéditionnaire conjointe (Joint Expeditionary Force – JEF) n’est crédible que si elle est correctement équipée pour mener des opérations sur l’ensemble du spectre des conflits, y compris en zone grise », précise le rapport, en référence à cette force multinationale menée par le Royaume-Uni.

Le comité souligne que le Royaume-Uni ne dispose actuellement que d’un seul navire patrouilleur capable de naviguer en milieu glaciaire, le RFA Protector, dont la fiabilité est remise en question par les experts. Il demande que la prochaine génération de destroyers de la Royal Navy soit renforcée pour évoluer dans des conditions de glace mouvante et instable. Le rapport mentionne spécifiquement que la classe Type 83 pourrait être adaptée à cette mission.

Il cite également les déclarations du secrétaire à la Défense affirmant que la Nouvelle Marine Hybride prévue par la Revue stratégique de défense « serait en effet mieux équipée pour opérer dans les glaces polaires ». Le comité considère que le programme Type 83 constitue une opportunité pour concrétiser cette capacité.

Tan Dhesi, président du comité de la Défense, a souligné que la récente montée en puissance des menaces en zone grise représente un défi direct pour la sécurité nationale.

« Les menaces de la zone grise introduisent la guerre à notre porte à tous », a-t-il déclaré. « Ces attaques ne font pas de distinction ; elles visent toute la société et imposent une réponse collective à laquelle chacun doit contribuer ».

Le comité recommande également d’accroître la présence permanente de la Force expéditionnaire conjointe en mer Baltique, afin de dissuader de nouveaux actes de sabotage et de sécuriser les routes clés de renforcement des forces de l’OTAN.

En parallèle de la préparation militaire, le rapport appelle le ministère de la Défense à renforcer son engagement avec la société civile pour développer la résilience cybernétique et la préparation aux crises. Une collaboration plus étroite avec les écoles, les collectivités locales et le secteur privé est préconisée pour mieux sensibiliser la population et renforcer les capacités nationales face aux menaces en zone grise.

Le comité propose enfin la création d’un poste ministériel dédié à la sécurité intérieure, chargé de coordonner la réponse gouvernementale.

En conclusion, le rapport souligne que le Royaume-Uni devra combiner investissements militaires et mobilisation sociétale pour disposer d’une posture défensive résiliente, en mettant l’accent sur la protection des technologies et infrastructures les plus exposées aux attaques adverses.