Un rapport récent du Comité de la Défense du Parlement britannique recommande d’accroître la présence navale du Royaume-Uni en mer Baltique afin de renforcer la dissuasion et de protéger les routes maritimes vitales vers l’Estonie.
Le rapport incite le ministère de la Défense à stationner plus longtemps des navires de la Royal Navy dans cette région pour répondre plus rapidement aux menaces de zones grises et rassurer les alliés. Ces déploiements contribueraient à sécuriser les voies maritimes essentielles utilisées pour renforcer les troupes britanniques déployées en Estonie dans le cadre de la posture avancée renforcée de l’OTAN.
« En implantant et en faisant opérer des moyens plus régulièrement et pour des périodes prolongées en mer Baltique, le Royaume-Uni pourrait offrir une assurance supplémentaire aux alliés, mieux protéger les lignes de communication maritimes nécessaires au renforcement des troupes britanniques en Estonie, constituer une dissuasion accrue contre les menaces de zones grises et accélérer toute réponse en cas d’incident réel », souligne le Comité.
Depuis 2016, le Royaume-Uni déploie en Estonie un groupe de combat d’environ 900 soldats dans le cadre de la posture de dissuasion de l’OTAN dans les pays baltes. En cas de crise ou de conflit, cette force est amenée à s’élever à une brigade complète de 3 000 à 4 000 militaires.
Pour tester les plans de renforcement, la Royal Navy a mené en avril 2025 l’exercice Baltic Express, simulant la protection du matériel militaire acheminé vers l’Estonie. Ce dernier est décrit dans le rapport comme « critique mais vulnérable » en cas de conflit armé.
De nouveaux exercices conjoints ont eu lieu en novembre 2024 avec la Force expéditionnaire conjointe (JEF) dirigée par le Royaume-Uni, sous le nom de Joint Protector. Cet entraînement visait à pratiquer l’escalade des menaces de zones grises vers des opérations de combat à part entière. Composée de dix pays d’Europe du Nord, la JEF conserve la capacité d’agir en dehors des structures de commandement de l’OTAN, permettant ainsi des réponses plus rapides aux crises régionales.
« La liberté d’action de la Force expéditionnaire conjointe devrait lui permettre d’être plus réactive et agile dans la lutte contre les menaces de zones grises, » note le rapport. « Mais cela ne sera possible que si elle dispose de capacités crédibles et déployables. »
Le rapport s’inscrit dans un cadre plus large d’alerte du Comité, qui souligne l’exposition croissante du Royaume-Uni aux activités de zones grises, telles que le sabotage, la cyberguerre et la désinformation. Ces tactiques, utilisées par des États hostiles, visent à déstabiliser les sociétés et à saper la dissuasion conventionnelle.
Tan Dhesi, président du Comité de la Défense, déclare : « Les menaces de zones grises amènent la guerre à la porte de chacun d’entre nous. Ces attaques ne font pas de distinction ; elles ciblent l’ensemble de notre société et exigent donc une réponse globale à laquelle nous devons tous contribuer. »
Les recommandations du Comité rejoignent les appels en faveur d’une meilleure intégration des efforts militaires, civils et industriels pour renforcer la résilience nationale. Il affirme que le déploiement avancé, des capacités crédibles et une coordination plus étroite avec les alliés seront essentiels pour garantir les engagements du Royaume-Uni à l’est.