Les députés ont récemment exprimé de vives inquiétudes concernant la capacité de surveillance aérienne du Royaume-Uni, alors que le programme RAF E-7 Wedgetail accumule les retards et soulève des questions sur sa résilience stratégique.
Lors d’un débat à Westminster Hall, John Cooper, député conservateur de Dumfries and Galloway, a alerté sur la « faille de crédibilité » créée par le retrait des avions E-3D Sentry. « La RAF a un problème : elle ne peut pas offrir un dispositif complet », a-t-il déclaré à la chambre, « nous pourrions être contraints de dépendre des alliés de l’OTAN pour une couverture supplémentaire ». Il a rappelé que bien qu’un Wedgetail soit programmé pour participer à l’édition de cette semaine du Royal International Air Tattoo, aucun des trois appareils commandés par le Royaume-Uni n’est encore totalement certifié pour des opérations militaires.
Tan Dhesi, député travailliste et membre du comité de la Défense, a qualifié l’état actuel du programme d’« absolument insuffisant » et a critiqué la réduction de 40 % de la flotte initiale de cinq appareils, qui n’a permis qu’une économie de coûts de seulement 12 %. « Quelqu’un doit prendre le contrôle de ce programme », a-t-il insisté, appelant à combler d’urgence la lacune du Royaume-Uni en matière de capacités de détection précoce.
L’E-7 Wedgetail, dérivé du Boeing 737 et équipé d’un radar Multi-role Electronically Scanned Array (MESA) puissant, est déjà en service opérationnel avec la Royal Australian Air Force. Mais le programme britannique, annoncé en 2019, accuse un retard d’au moins deux ans. John Cooper a souligné l’importance capitale de cette plateforme pour offrir une « conscience situationnelle en temps réel à 360 degrés de l’espace de bataille », comparant le déficit actuel à « compter uniquement sur le bon vieux œil humain ».
Le député conservateur Mark Francois a profité de l’occasion pour saluer la nomination de l’Air Marshal Harv Smyth au poste de Chef d’état-major de l’Armée de l’air. « C’est ce que les Américains appelleraient un combattant aguerri », a-t-il affirmé. « Lui et Sir Rich Knighton forment une équipe solide pour la défense du Royaume-Uni ».
Le député travailliste Dr Zubir Ahmed a évoqué l’importance économique du programme Wedgetail, mettant en avant le rôle de Thales à Glasgow, qui produit le système d’alerte aux menaces de l’appareil. « Le député célèbrera-t-il la contribution des entreprises écossaises à la défense de notre pays ? », a-t-il interrogé.
John Cooper a salué l’impact industriel tout en dénonçant la manque de soutien du gouvernement écossais à l’innovation en matière de défense. Il a accusé les ministres à Édimbourg d’avoir refusé de financer un nouveau centre d’excellence pour la soudure Rolls-Royce à Clydebank, alors que le gouvernement britannique s’est dit prêt à « le soutenir pleinement ». Il a qualifié la posture de défense du SNP de « cinquième colonne » et « tout à fait remarquable ».
Cooper a également évoqué les inquiétudes soulevées à Washington sur la survivabilité de la plateforme Wedgetail en espace aérien contesté. Il a cité Pete Hegseth, secrétaire américain à la Défense, qui décrit l’appareil comme « non viable sur un champ de bataille moderne ». Avec les États-Unis explorant des alternatives comme les appareils E-2D Hawkeye plus anciens ou des constellations satellitaires futures, des doutes persistent sur la pérennité du Wedgetail.
Pour conclure, John Cooper a exprimé l’espoir que le ministre « apporte à la Chambre l’assurance que ce n’est pas l’Ajax des airs », en référence aux problèmes rencontrés par le programme blindé Ajax.
Une réponse ministérielle formelle est attendue après la pause estivale.