Les Émirats arabes unis ont exprimé dimanche leur soutien à un plan de paix soutenu par les États-Unis visant à mettre fin au conflit au Soudan. Ce pays du Golfe a été à plusieurs reprises accusé d’alimenter cette guerre dévastatrice.
Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères d’Abu Dhabi a indiqué sur X que les Émirats « saluaient le Plan de paix global pour le Soudan, annoncé par le conseiller américain principal pour les affaires arabes et africaines, Massad Boulos ».
Les Émirats ont réaffirmé leur engagement « à soutenir les efforts régionaux et internationaux pour garantir un cessez-le-feu immédiat » ainsi qu’à « travailler avec le Quad », un groupe de médiation composé des États-Unis, de l’Égypte, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.
Le mardi précédent, Massad Boulos, qui est également le beau-père de la fille de l’ancien président américain Donald Trump, s’était dit « prudemment optimiste » quant à la possibilité d’aboutir à un plan de paix plus vaste.
Intervenant lors d’une conférence des donateurs pour le Soudan à Washington, il a précisé que l’initiative s’articulerait autour de cinq points : une trêve humanitaire en premier lieu, suivie de la protection et du retour des civils, un cessez-le-feu permanent, une transition politique, puis la reconstruction.
Depuis avril 2023, le conflit entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (RSF), une force paramilitaire, a causé la mort de plusieurs dizaines de milliers de personnes, déplacé environ 11 millions d’habitants et provoqué l’une des pires crises humanitaires au monde, avec des zones frappées par la famine.
Les tentatives de trêve ont jusqu’ici échoué à instaurer un cessez-le-feu durable.
En janvier, l’armée soudanaise avait indiqué examiner une nouvelle proposition de trêve présentée par les États-Unis et l’Arabie saoudite en direction des RSF.
Les négociations menées par le Quad sont au point mort depuis plusieurs mois, à la suite des accusations du chef de l’armée soudanaise, Abdel Fattah al-Burhan, qui a reproché à ce groupe de favoriser les intérêts des Émirats arabes unis.
Lors de la conférence des donateurs pour le Soudan, les Émirats ont promis une aide humanitaire de 500 millions de dollars, tandis que les États-Unis ont annoncé un financement de 200 millions pour l’exercice fiscal 2026.
L’an dernier, l’armée soudanaise a rompu ses relations avec Abu Dhabi, accusant les Émirats d’armer les Forces de soutien rapide, ce que ces derniers démentent, malgré des rapports d’experts de l’ONU, de membres du Congrès américain et d’organisations internationales corroborant ces accusations.
Le jeudi précédent, des experts soutenus par l’ONU ont alerté sur la propagation de la famine dans la région ouest du Darfour, où se sont déroulés certains des combats les plus violents du conflit ces derniers mois.