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Les États-Unis ont donné leur feu vert à la vente de 24 avions de chasse F-16 danois à l’Argentine et travaillent actuellement sur un plan de financement d’environ 40 millions de dollars pour faciliter cet achat par le gouvernement argentin. Cette opération revêt une importance géopolitique majeure, dans un contexte de concurrence directe entre Washington et Pékin, ce dernier ayant proposé à Buenos Aires la vente d’appareils JF-17.

Buenos Aires doit désormais décider si elle concrétise cette acquisition, accepte l’offre chinoise ou reporte toute décision de modernisation de sa flotte aérienne et navale. Parallèlement à la vente des F-16, les États-Unis ont également ouvert la voie à l’achat de quatre avions de patrouille maritime P-3 de Norvège.

Mira Resnick, sous-secrétaire adjointe à la Sécurité régionale du Département d’État, a déclaré lors d’une téléconférence avec des journalistes que le transfert d’avions vers l’Argentine avait été approuvé après notification au Congrès américain, lequel n’a émis aucune objection.
Elle a souligné que cette opération relève de « l’intérêt national des États-Unis ». Bien que la décision finale revienne à l’Argentine, elle a insisté sur le fait que l’offre américaine est « supérieure » à celle de la Chine et qu’une finalisation du dossier renforcerait durablement les relations bilatérales entre les deux pays.

F-16 danois
L’approbation intervient alors que la Chine propose ses chasseurs JF-17 à Buenos Aires, qui cherche à combler le vide laissé par le retrait en 2015 de ses 16 Dassault Mirage III.

« Le F-16 est une plateforme fiable et éprouvée qui permettra à l’Argentine d’effectuer des entraînements et exercices réguliers, augmentant ainsi son interopérabilité avec ses voisins et les États-Unis », a affirmé la sous-secrétaire.

« Cela renforce les liens. C’est une opportunité pour les deux pays de faire face ensemble à des menaces communes. Ce chasseur est utilisé par de nombreux pays dans le monde et a démontré sa capacité de modernisation », a-t-elle ajouté.

Cette autorisation marque une étape importante dans les relations bilatérales entre Washington et Buenos Aires, après plusieurs années de négociations. Le développement de l’influence chinoise en Amérique latine suscite une inquiétude particulière à Washington. Selon des sources officielles argentines, cette approbation représente « un grand signe de confiance ». La décision finale reviendra vraisemblablement au prochain gouvernement.

Resnick a précisé que ce transfert ne nécessitait pas d’accord du Royaume-Uni, qui maintient pourtant un veto sur les ventes d’armements à l’Argentine depuis la guerre des Malouines, car aucun composant du F-16 concerné ne requiert l’approbation britannique.

« Nous avons travaillé intensément pour éliminer tout obstacle à cette vente », a déclaré la responsable, insistant sur le fait que la décision appartient désormais au gouvernement argentin.

F-16 danois
L’offre chinoise est financièrement plus attractive et comporte moins de « restrictions », selon les sources argentines.

Face à la grave crise économique que traverse le pays, l’un des principaux obstacles à la concrétisation de cet achat – qu’il concerne la proposition danoise ou chinoise – est le coût des F-16. Mira Resnick n’a pas détaillé le prix final, évoquant une fourchette variable. En juin dernier, le Département d’État avait notifié au Congrès un prix estimé à environ 338,7 millions de dollars pour la cession jusqu’à 38 appareils danois, comprenant six F-16 « Bloc 10 » et 32 « Bloc 15 ».

« Nous travaillons actuellement sur un financement et espérons bientôt notifier un soutien militaire de 40 millions de dollars au Congrès, ce qui devrait rendre cette solution compétitive pour moderniser la flotte vieillissante argentine et renforcer sa sécurité nationale », a précisé Resnick.

Outre l’offre F-16, le gouvernement d’Alberto Fernández envisage depuis longtemps l’acquisition des avions JF-17, produits conjointement par la Chine et le Pakistan. Le président argentin doit se rendre en Chine ce jeudi.

La proposition chinoise inclut 15 appareils neufs, avec une possibilité de négocier un deuxième puis un troisième lot. Selon des sources militaires, ces appareils sont proposés avec un arsenal complet d’armes et de capteurs, assorti de peu de restrictions. Toutefois, les enjeux politiques liés à un accord avec Pékin demeurent sensibles.

Les avions sino-pakistanais seraient équipés de moteurs chinois, contrairement aux versions utilisées par le Myanmar et le Nigeria, qui emploient des moteurs russes.

F-16 danois avec armement
L’offre américano-danoise comprend des missiles air-air tels que les AIM-120 AMRAAM et AIM-9 Sidewinder, ainsi que la maintenance, les pièces détachées et la formation.

Le lieutenant-colonel de l’Armée de l’air américaine, Thomas Kanewske, a précisé lors de la conférence que les F-16 proposés à l’Argentine comprennent les missiles air-air AIM-120 AMRAAM et AIM-9, les principaux missiles utilisés par l’US Air Force.
Il a souligné que le F-16 est une plateforme capable de rester à la pointe de la technologie, toujours en production, et équivalente technologiquement aux F-16 déployés dans de nombreux conflits à travers le monde.

« Le F-16 est une plateforme de nouvelle génération et le gouvernement danois opère avec un ensemble complet. Ce qui fait l’originalité du F-16, c’est la relation avec l’US Air Force. C’est notre “approche tout compris”. Ce n’est pas seulement l’avion : c’est la formation, la maintenance, la logistique, tout ce qui est nécessaire pour maintenir un avion à la pointe de la technologie et opérationnel pendant 40 ans », a expliqué Kanewske au sujet des enjeux liés à cette opération.

Historiquement, les forces armées argentines se sont alignées avec les États-Unis et leurs alliés européens au cours du XXe siècle, qui leur ont également apporté un fort soutien dans leurs multiples négociations avec le Fonds monétaire international (FMI). Parallèlement, la Chine a pris un rôle de plus en plus actif dans le développement des infrastructures, devenant l’un des principaux partenaires commerciaux et bientôt un des principaux bailleurs de fonds de l’Argentine dans les pays émergents.