Le Pentagone a lancé un questionnaire écrit auprès des membres de l’OTAN pour recueillir leurs avis dans le cadre d’une révision de la posture des forces américaines en Europe, a confirmé Elbridge Colby, Sous-secrétaire à la politique de la guerre, lors d’une visite à Bruxelles.
Cette consultation s’inscrit dans l’esprit de NATO 3.0, visant à renforcer la coopération transatlantique en adaptant la présence militaire américaine en Europe aux défis actuels et futurs. Le questionnaire cible notamment les aspects liés à l’accès, au stationnement et au survol des bases américaines, qui nécessitent des accords bilatéraux avec les pays hôtes et varient considérablement d’un État à l’autre.
Colby a souligné que cette revue vise à rendre la posture stratégique des forces américaines en Europe « adaptée non seulement pour aujourd’hui, mais aussi pour l’avenir », précisément à un moment où la priorité américaine se déplace vers l’hémisphère occidental et la première chaîne d’îles dans le Pacifique.
Actuellement, environ 80 000 soldats américains sont présents en Europe, principalement en Allemagne, Italie, Pologne et Royaume-Uni, un chiffre qui a augmenté depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. Cependant, Washington prépare une réduction de ses effectifs européens, ce qui pose la question des capacités à retirer et des délais d’avertissement aux alliés.
Dans ce contexte, les États européens sont appelés à assumer la responsabilité principale de leur défense conventionnelle. Colby a salué les efforts remarquables de pays comme la Pologne, l’Allemagne et les Pays-Bas et espère que d’autres suivront cet exemple. Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a rappelé que les dépenses de défense européennes et canadiennes ont augmenté de 139 milliards de dollars d’ici 2025 et continuent à croître, même si des efforts restent à faire.
Cette consultation intervient avant toute décision sur le redéploiement des forces américaines, marquant une étape de dialogue approfondi avec les alliés. Colby a eu plusieurs réunions avec les commandements militaires américains en Europe et les représentants alliés à l’OTAN, montrant que le processus est encore au stade de l’examen et de la concertation.
