Douze chasseurs F-22 Raptor de l’US Air Force ont décollé de la base aérienne de Lakenheath, au Royaume-Uni, le 24 février 2026, escortés par trois avions de ravitaillement en vol KC-46A Pegasus et un KC-135 Stratotanker, selon des données de suivi des vols en open source et des comptes OSINT spécialisés en défense. Ce déploiement déplace une partie de la flotte principale de supériorité aérienne américaine d’Europe vers le théâtre d’opérations du Commandement Central des États-Unis, dans un contexte de tensions accrues avec l’Iran et de rupture des négociations nucléaires.
Les observateurs soulignent que des schémas similaires de prépositionnement à Lakenheath ont précédé des opérations aériennes américaines liées à des frappes contre des infrastructures nucléaires iraniennes, ce qui laisse penser que ce mouvement actuel s’inscrit dans une planification de contingence face à une pression renouvelée sur les actifs militaires et stratégiques de Téhéran.
D’un point de vue capacitaire, l’association des F-22 Raptors avec les avions ravitailleurs KC-46A et KC-135 met en lumière l’importance accordée aux opérations aériennes soutenues, à longue portée et à haute technologie. Le F-22, conçu comme une plateforme de supériorité aérienne avec des capacités secondaires d’attaque au sol, allie furtivité, supercroisière et fusion avancée de capteurs pour détecter et neutraliser les menaces aériennes à longue distance. Il transporte généralement une combinaison de missiles AIM-120 AMRAAM et AIM-9 à guidage infrarouge dans ses soutes internes.
Le KC-46A Pegasus, dérivé du Boeing 767, assure le ravitaillement en vol par perche rigide et tuyau-drogue lors d’une même mission. Il peut transporter plus de 96 tonnes de carburant tout en pouvant également servir de transport de fret et de personnel. L’emblématique KC-135 Stratotanker, en service depuis plus de six décennies, demeure la colonne vertébrale du ravitaillement en vol américain, apportant la portée et la capacité de déversement nécessaires pour projeter et soutenir des forces de combat sur des distances intercontinentales.
Les Raptors ont déjà été déployés sur des bases de la région, notamment Al Dhafra aux Émirats arabes unis, pour des missions allant de la défense aérienne des infrastructures critiques à des patrouilles de dissuasion dans les espaces aériens syrien et du Golfe, ainsi que pour contrer des interactions hasardeuses avec des avions russes.
Le déplacement actuel depuis Lakenheath apparaît moins comme une simple rotation régulière, mais plutôt comme la poursuite et l’amplification d’une tendance : l’introduction rapide de chasseurs de cinquième génération sur le théâtre quand le contexte sécuritaire autour de l’Iran, de la Syrie ou de l’Irak impose un renforcement du contrôle aérien et de la couverture antimissile.
Dans une crise centrée sur l’Iran, ces appareils peuvent patrouiller des couloirs à haute menace, escorter des formations d’attaque composées de bombardiers et avions de quatrième génération, et intercepter des aéronefs hostiles, des missiles de croisière ou des drones avant qu’ils n’atteignent des bases clés, des groupes navals ou du territoire allié. Leur faible signature radar et leur puissant radar actif les rendent particulièrement aptes à opérer face à des réseaux denses de missiles sol-air et à des chasseurs avancés, tandis que leurs liaisons de données leur permettent de servir de capteurs avancés pour d’autres plateformes en alertant les systèmes de défense aérienne, qu’ils soient aériens ou terrestres.
Combinés aux avions ravitailleurs modernes, ils peuvent maintenir une présence aérienne persistante sur des points sensibles tels que le détroit d’Ormuz, Bab el-Mandeb ou les accès aériens et maritimes à Israël et aux nations du Golfe.
Pour les acteurs régionaux, le message est clair : toute escalade supplémentaire s’effectuera sous l’ombre d’une posture de domination aérienne américaine largement renforcée, dans laquelle le F-22 joue un rôle central, servant de bouclier pour les alliés et de fer de lance pour toute option offensive éventuelle.