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Les forces armées américaines ont déployé récemment au moins deux drones MQ-9 Reaper dans la région des Caraïbes, renforçant ainsi leur présence aérienne dans cette zone stratégique depuis le mois d’août.

Deux drones Reaper ont été aperçus cette semaine à l’aéroport Rafael Hernandez d’Aguadilla, à Porto Rico. Un premier reportage, daté du 9 septembre, a montré un MQ-9 stationné sur la piste, armé de missiles air-sol Hellfire. D’autres images satellite, diffusées par le groupe open-source Satellogic, ont également capturé deux drones à proximité d’un hangar sur ce même site. L’aéroport Rafael Hernandez héberge également la base aérienne de la Garde côtière de Borinquen, qui opère notamment des hélicoptères HH-65 Dolphin.

Les MQ-9 Reaper sont utilisés par l’US Air Force ainsi que par le Corps des Marines, mais pas par la Garde côtière, ce qui ne permet pas d’identifier immédiatement l’unité responsable de ces drones. Ces appareils sont régulièrement employés tant pour des missions de reconnaissance que pour des frappes ciblées.

Cette découverte intervient quelques jours après l’arrivée de dix chasseurs furtifs F-35 à Porto Rico, déployés à la base aérienne Muñiz à San Juan, gérée par la Garde nationale aérienne de Porto Rico. Ces appareils font partie des opérations en cours des forces américaines visant à lutter contre le trafic de drogue dans la Caraïbe sud. Ces renforts aériens viennent s’ajouter à une importante force navale déployée dans la région, qui comprend plusieurs destroyers, une unité expéditionnaire des Marines, ainsi qu’au moins un sous-marin d’attaque rapide.

Ce déploiement américain précède une frappe lancée le 2 septembre contre un bateau au large, entraînant la mort des 11 personnes à bord. Selon le New York Times, le navire, parti du Venezuela, tentait de faire demi-tour après avoir repéré un appareil américain. L’administration américaine et le Département de la Défense ont affirmé que le bateau transportait des stupéfiants et était opéré par le gang « Tren de Aragua ». Cependant, aucune preuve publique n’a été fournie à ce jour. Cette organisation criminelle avait été désignée comme groupe terroriste étranger en février dernier par les États-Unis, qui accusent par ailleurs le président vénézuélien Nicolás Maduro d’en être le protecteur.

Selon certains rapports, cette attaque aurait été menée par des forces spéciales américaines, utilisant soit un drone, soit un hélicoptère d’attaque. Le sénateur Rand Paul (Républicain du Kentucky) a déclaré qu’au moins un drone était impliqué. Le gouvernement vénézuélien réfute ces accusations, affirmant que les personnes à bord du navire n’étaient ni des trafiquants ni des membres du gang Tren de Aragua. Par ailleurs, Caracas a déployé des troupes le long de la côte et à la frontière colombienne, officiellement dans le cadre de ses propres opérations anti-drogue.

Actuellement, la marine américaine maintient une force composée de sept bâtiments de surface et un sous-marin d’attaque dans la Caraïbe sud. Ces moyens ont été envoyés progressivement au cours du mois d’août. Cette puissante présence navale s’appuie sur plusieurs milliers de marins ainsi que sur plus de 2 000 Marines de la 22e Unité Expéditionnaire des Marines.

Enfin, des éléments du Commandement des opérations spéciales de l’US Air Force ont mené le mois dernier des exercices de grande ampleur dans les Caraïbes, principalement autour de l’île de St. Croix, mais il n’est pas confirmé si des drones MQ-9 Reaper ont été utilisés durant ces manœuvres.