Les États-Unis ont déployé le groupe aéronaval du porte-avions USS Gerald R. Ford ainsi que des renforts supplémentaires en Méditerranée orientale, en soutien à Israël, alors que les affrontements entre les forces israéliennes et les militants à Gaza se poursuivent. Cette décision intervient au deuxième jour des violences, qui ont déjà fait plusieurs centaines de victimes civiles en Israël et dans la bande de Gaza.
« Mes pensées accompagnent le peuple israélien et les nombreuses familles qui ont perdu des proches à la suite de cette attaque terroriste odieuse perpétrée par le Hamas », a déclaré le secrétaire à la Défense Lloyd Austin dans un communiqué. « Aujourd’hui, en réponse à cette attaque du Hamas contre Israël et à la suite de discussions approfondies avec le président Biden, j’ai ordonné plusieurs mesures pour renforcer la posture du Département de la Défense dans la région afin de renforcer les efforts de dissuasion régionale. »
Le groupe aéronaval USS Gerald R. Ford, centré autour du porte-avions éponyme, se dirige actuellement vers la Méditerranée orientale, à proximité d’Israël. Ce groupe était précédemment positionné près de l’Italie. Outre le porte-avions, il comprend quatre destroyers lance-missiles de classe Arleigh Burke (les USS Thomas Hudner, USS Ramage, USS Carney et USS Roosevelt) ainsi qu’un croiseur lance-missiles de classe Ticonderoga (l’USS Normandy).
Le secrétaire Austin a également indiqué que le Pentagone avait « pris des mesures pour renforcer » ses capacités aériennes dans la région, incluant des chasseurs F-15, F-16, F-35 ainsi que des avions d’attaque au sol A-10 Warthog, sans toutefois détailler ces renforts.
L’objectif affiché de ce déploiement est de renforcer la dissuasion. Il n’y a aucune indication que les forces américaines prennent part directement aux combats.
Les hostilités ont débuté samedi matin avec une importante salve de roquettes en direction d’Israël, suivie d’attaques menées par les groupes militants Hamas et Jihad islamique contre des sites militaires et civils. Plusieurs Israéliens ont été pris en otage. Il s’agit de la plus vaste attaque menée sur le territoire israélien depuis des décennies, perçue comme une défaillance majeure en matière de renseignement et de sécurité.
En réponse, Israël a lancé plusieurs frappes aériennes dans la bande de Gaza, ciblant non seulement des positions du Hamas mais également causant des victimes civiles dans l’agglomération densément peuplée de Gaza. Des infrastructures médicales ont aussi été touchées, des actions considérées comme des crimes de guerre.
Dimanche, le gouvernement israélien a déclaré être en « état de guerre ». La violence s’est étendue à la Cisjordanie occupée, où au moins huit personnes ont perdu la vie. Les frontières de la bande de Gaza restent fermées, sans indication d’une ouverture par Israël ou l’Égypte pour un couloir humanitaire. À ce stade, aucun signe sérieux de négociations visant un cessez-le-feu ou une désescalade n’a été rapporté.
Le Conseil de sécurité des Nations unies tient aujourd’hui une réunion d’urgence sur la situation. Les ambassadeurs israélien et palestinien auprès de l’ONU ont tous deux pris la parole.
Par ailleurs, Lloyd Austin a annoncé que les États-Unis allaient « fournir rapidement à l’armée israélienne des équipements et ressources supplémentaires, notamment des munitions », sans préciser la nature exacte de ces livraisons. Les premiers matériels de soutien sécuritaire commenceront à être acheminés dans les prochains jours.
Au moment de la publication, au soir en Israël, au moins 700 Israéliens – civils et militaires – ont été tués, tandis qu’au moins 413 personnes sont décédées dans la bande de Gaza, avec 2 300 blessés. Huit décès ont également été recensés en Cisjordanie. Parmi les victimes, on compte des enfants des deux côtés du conflit.
Les forces israéliennes ont renforcé leurs moyens terrestres à l’intérieur du pays mais n’ont pas encore lancé d’opérations au sol dans la bande de Gaza.
Les États-Unis disposent de plusieurs bases militaires dans la région. Ce déploiement survient quelques mois seulement après l’envoi de renforts dans le golfe Persique, dont le destroyer USS Thomas Hudner, pour dissuader les forces iraniennes de harceler ou de saisir des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz. L’Iran soutient le Hamas, mais tant le secrétaire d’État Antony Blinken que des hauts responsables de l’administration Biden ont affirmé qu’aucune preuve directe n’indique une implication iranienne dans les opérations du Hamas ce week-end.