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Un expert de premier plan au sein d’un influent think tank conservateur de Washington appelle à un renforcement de la coopération militaire entre les États-Unis et l’Inde, malgré leurs désaccords sur d’autres dossiers. Robert Peters, chercheur principal à la Heritage Foundation, estime dans un rapport détaillé que les deux pays ont un intérêt commun à empêcher l’hégémonie chinoise.

Intitulé « Les États-Unis et l’Inde : un appel à affronter la menace commune de la Chine », ce document exhorte Washington à intensifier ses liens en matière de défense avec New Delhi.

« Les États-Unis et l’Inde ont un intérêt partagé à empêcher la domination chinoise dans l’océan Indien et à contrer l’encerclement de l’Inde par des bases chinoises et des États alliés à Pékin. L’Inde a tout intérêt à accroître ses capacités navales dans la région, et les États-Unis peuvent grandement l’y aider via la vente de systèmes d’armes, le co-développement de technologies militaires critiques et des initiatives diplomatiques conjointes, » écrit-il.

Ancien conseiller spécial pour la lutte contre les armes de destruction massive au sein du département de la Défense sous l’administration Obama, Robert Peters souligne que les États-Unis doivent soutenir l’Inde dans la mise en place d’une « stratégie de déni » dans l’océan Indien, notamment en partageant leur renseignement naval.

« L’Inde renforce actuellement ses capacités de surveillance maritime et de renseignement spatial en coopération avec ses voisins et partenaires régionaux. Les États-Unis devraient, de leur côté, accroître le partage de leurs renseignements navals avec l’Inde dans cette zone, » recommande-t-il.

Ce rapport intervient dans un contexte où les relations de défense entre l’Inde et les États-Unis restent solides, malgré des frictions sur les questions commerciales.

Le mardi précédent, l’ambassadeur indien à Washington, Vinay Kwatra, a rencontré les officiers en visite des Services de santé des forces armées indiennes, dans le cadre d’un déplacement aux États-Unis.

« Cette visite vise à renforcer la coopération en médecine militaire, qui constitue un pilier important des relations bilatérales de défense entre l’Inde et les États-Unis, » a-t-il indiqué sur le réseau social X.

Mi-septembre, l’ambassadeur Kwatra avait également rencontré Elbridge Colby, sous-secrétaire américain à la politique de défense, au Pentagone.

Dans son analyse, Robert Peters préconise une implication accrue des États-Unis dans le développement de l’industrie indienne des drones de défense.

« Une voie essentielle pour aider l’Inde à protéger son territoire sur le sous-continent est de fournir les capacités de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR), ainsi que des moyens d’attaque, principalement sous forme de drones. Si la plupart des drones américains sont performants, leur coût reste élevé. L’Inde pourrait produire à grande échelle des drones moins coûteux, déployés dans le nord du pays, afin d’équilibrer la situation face à la Chine et de dissuader toute agression supplémentaire, » souligne-t-il.

Il estime par ailleurs que les échanges d’équipements militaires pourraient profiter aux deux pays, « non seulement des États-Unis vers l’Inde, mais aussi de l’Inde vers les États-Unis ».

« L’Inde est en train de bâtir une industrie de défense domestique de classe mondiale. Les États-Unis devraient soutenir cette dynamique, car les exportations indiennes d’armements vers d’autres pays de l’Indo-Pacifique et d’Afrique combleraient un vide que la Chine pourrait autrement exploiter, tout en fournissant des capacités indispensables à des partenaires communs, » ajoute-t-il.

Enfin, Peters met en garde Washington contre toute incursion dans les affaires intérieures indiennes, soulignant la nécessité de privilégier « les intérêts communs avec l’Inde » et d’éviter la critique publique du gouvernement indien.

« L’Inde est un partenaire extrêmement stratégique pour les États-Unis, et les deux parties perdraient si cette relation n’était pas entretenue, » conclut-il.