Les États-Unis ont annoncé la libération et le rapatriement des deux survivants d’un submersible suspecté de trafic de drogue, détruit lors d’un bombardement aérien dans les Caraïbes jeudi dernier, a déclaré le président Donald Trump ce samedi. Ces deux personnes sont actuellement retenues à bord d’un navire de la Marine américaine dans la région, après leur récupération sur le site de l’attaque.
Les deux survivants seront remis à leurs pays d’origine, respectivement l’Équateur et la Colombie, au lieu de rester en détention américaine ou d’être poursuivis par le gouvernement des États-Unis. Ils sont hébergés sur l’un des nombreux navires de la Marine opérant dans les Caraïbes, dans le cadre d’un renforcement des forces militaires depuis le mois d’août.
Cette frappe aérienne de jeudi constitue la sixième attaque menée depuis le début septembre contre des embarcations légères dans la région. C’est également la première fois que des survivants sont signalés. Selon les chiffres publiés par la Maison Blanche, au moins 29 personnes ont trouvé la mort au total.
« Les deux terroristes survivants sont renvoyés dans leurs pays d’origine, l’Équateur et la Colombie, pour y être détenus et poursuivis », a écrit Donald Trump sur les réseaux sociaux. Tandis que l’administration américaine accuse régulièrement les victimes de ces frappes d’être des « narco-terroristes », aucune preuve n’a cependant été présentée jusqu’à présent démontrant que ces bateaux transportaient effectivement des stupéfiants.
À ce jour, ni l’Équateur ni la Colombie n’ont publié de déclaration officielle en réaction à cette annonce.
Le submersible visé a été détruit le 16 octobre, et les informations concernant les survivants sont apparues le lendemain. Selon le New York Times, les deux rescapés ont été transférés vers l’USS Iwo Jima, un navire d’assaut amphibie de la classe Wasp déployé dans la région avec son groupe de débarquement prêt à l’emploi.
La décision de libérer ces survivants intervient après plus d’une journée passée en détention militaire américaine. L’administration avait précédemment informé le Congrès qu’elle considérait être engagée dans un conflit armé contre les cartels de drogue, qu’elle avait auparavant désignés comme organisations terroristes étrangères. Elle qualifie également les personnes ciblées et tuées par ces frappes d’« combattants illégaux ». Il demeure toutefois incertain si ceux pris en captivité seront détenus de manière indéfinie, comme ce fut le cas pour certains détenus dans la lutte antiterroriste mondiale, ou jugés dans des tribunaux civils.
Brian Finucane, ancien juriste du Département d’État spécialisé dans le droit de la guerre et la lutte antiterroriste, estime que leur rapatriement est « probablement la moins mauvaise option du point de vue de l’administration ».
« Il n’existe pas de conflit armé officiel, donc ces survivants ne peuvent pas être détenus en tant que prisonniers de guerre, » a-t-il expliqué. « Si le gouvernement américain dispose d’une base juridique suffisante pour les poursuivre dans les tribunaux civils, il peut le faire. »
La manière dont les survivants seront transférés reste inconnue : il n’est pas clair s’ils seront déplacés d’un navire à un autre, les bâtiments américains n’étant pas à proximité d’un port national, ou s’ils seront transportés par avion vers leurs pays d’origine ou un pays tiers. Le New York Times précise que la garde légale des survivants est assurée par le Département d’État.
Les États-Unis accusent depuis deux mois les navires détruits d’être liés aux cartels de drogue originaires du Venezuela et affiliés au président vénézuélien Nicolas Maduro. Le gouvernement colombien avait auparavant indiqué que des citoyens colombiens se trouvaient à bord d’un bateau détruit, tandis que la police de Trinidad-et-Tobago enquête sur la présence possible de deux de ses ressortissants dans un navire ciblé le 14 octobre.