Les forces américaines ont mené, le 15 décembre, de nouvelles frappes létales contre trois navires en eaux internationales, tuant huit hommes qualifiés par Washington de « narco-terroristes ». Cette opération s’inscrit dans la campagne maritime élargie de l’administration Trump dans la région des Caraïbes.
Selon un communiqué, les frappes ont été effectuées par la Joint Task Force Southern Spear, « sous la direction du Secrétaire à la Guerre Pete Hegseth ». Ces navires étaient opérés par des organisations désignées par les États-Unis comme des groupes terroristes et interceptés sur des « routes connues du narcotrafic » dans le Pacifique Est.
Les autorités américaines ont indiqué que le renseignement faisait état d’une activité active de trafic de drogue à bord des navires ciblés. Trois hommes ont été tués sur le premier navire, deux sur le second et trois sur le troisième. Cette opération s’inscrit dans une campagne militaire américaine plus large lancée en septembre, initialement centrée sur la mer des Caraïbes avant d’être étendue au Pacifique Est. La Maison Blanche présente ces frappes comme une mission de lutte contre le trafic maritime de stupéfiants à destination des États-Unis.
L’administration Trump affirme que les navires ciblés sont exploités par des groupes qu’elle qualifie de « narco-terroristes », notamment le réseau criminel vénézuélien Tren de Aragua et la guérilla colombienne de l’Armée de Libération Nationale (ELN). Aucune preuve publique n’a toutefois été fournie pour étayer ces allégations. Des navires et du personnel de la Marine américaine ont été déployés dans les Caraïbes à la mi-août. Le 2 septembre, le président Donald Trump avait annoncé qu’un navire vénézuélien avait été touché par les forces américaines, tuant les onze personnes à bord. Des images de cet incident ont été diffusées par la Maison Blanche, tandis que des sources vénézuéliennes affirmaient que la frappe avait eu lieu la veille.
Depuis cette date, la campagne s’est intensifiée. Au 15 décembre, au moins 95 personnes ont été tuées lors d’au moins 25 frappes contre 26 navires, selon les rapports publiquement disponibles. Ces actions ont suscité de vives critiques de la part d’organisations de défense des droits de l’homme, d’experts juridiques et d’organismes internationaux, qui estiment que ces opérations sont illégales au regard du droit américain et international. Les gouvernements colombien et vénézuélien accusent les États-Unis d’exécutions extrajudiciaires.
Ces opérations interviennent également dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Caracas. Des responsables de l’opposition vénézuélienne, des sources de l’administration Trump et des analystes indépendants ont suggéré que cette campagne pourrait s’inscrire dans une stratégie globale visant à accroître la pression sur le président Nicolas Maduro. Des tentatives au Sénat américain pour limiter le pouvoir du président à poursuivre ces actions militaires contre le Venezuela ou à mener des frappes aériennes en mer ont échoué à deux reprises, laissant ainsi le champ libre à l’administration pour continuer la campagne.