Le ministre nigérian de l’Information a révélé vendredi que les frappes américaines menées au nord-ouest du Nigeria le jour de Noël ont utilisé des missiles guidés lancés depuis des drones. Ces opérations ciblant des militants liés au groupe État islamique (EI) ont été annoncées par les États-Unis, sans que l’identité précise des cibles ni le degré d’implication de chaque pays ne soient clairement établis.
Le Nigeria fait face à de multiples conflits armés, notamment une insurrection djihadiste qui dure depuis 2009. Son incapacité à contenir cette violence est régulièrement critiquée par Washington.
« Un total de 16 munitions de précision guidées par GPS ont été déployées via des plateformes aériennes sans pilote MQ-9 Reaper, neutralisant avec succès les éléments ciblés de l’EI tentant de pénétrer au Nigeria depuis le corridor du Sahel », a déclaré dans un communiqué le ministre Mohammed Idris, utilisant l’acronyme anglais du groupe État islamique.
Le président américain Donald Trump fut le premier à annoncer ces frappes, ce qui a suscité des inquiétudes auprès des Nigérians quant à une possible atteinte à leur souveraineté.
Selon Idris, l’attaque a été menée « avec la pleine participation des forces armées nigérianes » et avec « l’approbation explicite » du président Bola Tinubu.
Les informations en provenance des zones rurales des États de Sokoto et de Kwara, touchés par les frappes, sont parvenues lentement. Le gouvernement nigérian a confirmé vendredi soir que Kwara avait également été visé.
Les communiqués officiels entre le Nigeria et les États-Unis ont parfois divergé, notamment à cause d’une apparente réticence de Washington à publier une déclaration conjointe avec Abuja, d’après le ministre des Affaires étrangères Yusuf Tuggar.
« Les frappes ont été lancées depuis des plateformes maritimes situées dans le golfe de Guinée, après un travail approfondi de renseignement, de planification opérationnelle et de reconnaissance », a ajouté Idris. Ses propos coïncident avec une vidéo publiée par Washington montrant le lancement de projectiles depuis un navire de la marine américaine arborant un drapeau américain.
« Des débris de munitions utilisées sont tombés dans le district local de Jabo, dans l’État de Sokoto, ainsi qu’à Offa, dans l’État de Kwara », a précisé Idris, assurant qu’aucun civil n’a été blessé lors de ces opérations.