Les États-Unis réorganisent leur présence militaire en Irak, réduisant leurs effectifs d’environ 2 500 à moins de 2 000 soldats, en déplaçant notamment des forces hors de Bagdad et des régions occidentales du pays, a indiqué un haut responsable de la Défense.
Le Département de la Défense a confirmé mercredi les mouvements de troupes rapportés depuis août, liés au début d’un retrait ou d’un redéploiement dans le cadre de la mission américaine contre l’organisation État islamique (EI). Le Pentagone a précisé que ces opérations s’inscrivent dans le respect d’un accord conclu avec Bagdad en septembre 2024, visant à réduire drastiquement la présence militaire américaine sur le sol irakien. Ce plan prévoit une première phase de réduction d’ici septembre 2025, puis une seconde s’étalant jusqu’en 2026.
“Premièrement, nous mettons fin à la guerre sans fin en Irak”, a déclaré récemment ce haut responsable aux journalistes. “Deuxièmement, nous transférons la responsabilité de la lutte contre l’EI de nos forces américaines et de la coalition à nos partenaires irakiens. Nous les avons formés pendant une décennie ; ils possèdent désormais la capacité et la volonté de contrer l’EI. Troisièmement, un grand mérite revient aux Irakiens eux-mêmes.”
Lorsque la consolidation des forces américaines sera achevée, moins de 2 000 soldats seront encore présents en Irak, principalement à Erbil, capitale du Gouvernement régional du Kurdistan, a précisé ce même responsable. Les troupes restantes à Bagdad auront pour mission des coopérations bilatérales en matière de sécurité, similaires à celles menées par les forces américaines dans d’autres pays.
La présence militaire américaine en Irak a fortement diminué depuis une dizaine d’années, passant d’environ 20 000 soldats à l’époque, a souligné ce responsable, expliquant que les forces irakiennes ont démontré leur aptitude à prendre la tête des opérations contre l’EI.
Par ailleurs, il a confirmé que les soldats américains sont en train de quitter la base aérienne d’Al-Asad, située dans l’ouest de l’Irak. Cette base avait été la cible d’attaques par missiles balistiques iraniens en janvier 2020, suite à une frappe aérienne américaine ayant tué le général iranien Qasem Soleimani, alors chef des Gardiens de la révolution, ainsi qu’Abu Mahdi al-Muhandis, commandant de la milice Kata’ib Hezbollah soutenue par Téhéran. La base sera restituée au gouvernement irakien.
Si les mouvements de troupes étaient évoqués depuis août dans diverses publications, cette annonce du Pentagone est la première confirmation officielle des autorités de défense américaines.
Depuis août, les États-Unis ont commencé à retirer du matériel et des soldats des bases d’Al-Asad et du complexe Victory à Bagdad, selon plusieurs sources. À cette époque, le Pentagone avait simplement indiqué qu’il “continue d’examiner et, le cas échéant, d’ajuster sa posture militaire en Irak.”
Une réduction comparable semble en cours en Syrie, où les forces américaines ont remis certaines bases et avant-postes à leurs partenaires locaux. Toutefois, aucun retrait de troupes américaines n’a été enregistré en Syrie au cours des cinq derniers mois, d’après le haut responsable américain.
Les forces américaines et de la coalition sont implantées en Irak depuis 2014, dans le cadre de la lutte contre les djihadistes de l’EI. Les bases irakiennes ont servi de points d’appui pour les opérations dans l’ouest du pays et en Syrie, où la présence américaine diminue également. Bien que l’ultime bastion de l’EI soit tombé en 2019, les troupes de la coalition et leurs partenaires locaux – incluant les forces irakiennes et les Forces démocratiques syriennes dominées par les Kurdes – multiplient depuis six ans les opérations pour éliminer les derniers foyers actifs.
Le Premier ministre irakien, Mohammed Shia al-Sudani, a indiqué que des envoyés irakiens et américains tiendront d’ici la fin de l’année des discussions complémentaires sur le retrait, selon l’Agence France-Presse. Parmi les responsables américains, le nouvel chef du commandement central (CENTCOM), l’amiral Brad Cooper, a récemment rencontré le président syrien Ahmed al-Charaa à Damas pour des échanges sur la sécurité.
Malgré ces réductions en Irak et en Syrie, les forces américaines basées dans ces deux pays restent engagées sur le terrain. En mars, le commandement central avait annoncé qu’une frappe aérienne américaine dans l’ouest irakien avait éliminé le chef des opérations globales de l’EI. En juillet et août, des opérations contre l’organisation djihadiste ont également été menées en Syrie.