Article de 670 mots ⏱️ 4 min de lecture

Du 12 au 16 septembre 2025, la Russie et la Biélorussie ont conduit l’exercice conjoint Zapad 2025 sur le territoire biélorusse et dans l’ouest de la Russie, dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine et le renforcement des frontières orientales de l’OTAN. Plus qu’un simple entraînement, cet exercice traditionnel sert aussi de démonstration de préparation opérationnelle et de message stratégique envers les adversaires, rôle que l’édition 2025 a pleinement confirmé en mettant en avant des systèmes d’attaque avancés et des capacités nucléaires dans une période de forte tension.

Minsk a officiellement annoncé le déploiement d’environ 13 000 soldats, mais des observateurs occidentaux estiment que ce chiffre est sous-évalué en raison de la dispersion des forces engagées. Les manœuvres ont inclus des missions aériennes au-dessus de la Biélorussie et de la mer de Barents, des exercices blindés près de Barysaw ainsi que l’intégration des drones et de la guerre électronique. Un point central a été la démonstration de systèmes à capacité nucléaire, notamment le missile balistique tactique Iskander déjà stationné en Biélorussie, et le futur système de missiles Oreshnik, dont la livraison est prévue d’ici la fin de l’année, soulignant la persistance de la dimension nucléaire dans les scénarios Zapad.

Zapad 2025 a également mis en lumière un large arsenal sophistiqué. La frégate Amiral Golovko a lancé un missile de croisière hypersonique Zircon depuis l’Arctique, tandis que les forces côtières ont tiré des missiles Onyx du système Bastion contre des cibles navales. Les bombardiers stratégiques Tu-160 ont effectué des vols au-dessus de la mer de Barents, escortés par des MiG-31. Ces derniers, armés de missiles hypersoniques Kinzhal, ont renforcé l’intensité des exercices. Sur le terrain, les unités blindées ont mené des manœuvres combinées appuyées par l’artillerie, la logistique étant assurée par des avions de transport Il-76 acheminant du matériel vers la Biélorussie.

Les opérations aériennes ont été étendues avec les chasseurs-bombardiers Su-34 effectuant des frappes de précision, tandis que les avions anti-sous-marins de la Flotte du Nord patrouillaient les eaux arctiques. Les drones de reconnaissance et d’attaque ont joué un rôle clé, en parallèle des systèmes de guerre électronique visant à perturber les communications et la navigation adverse. Cette intégration d’équipements sans pilote, de capacités logistiques et d’opérations multi-couches illustre la volonté russe d’associer des moyens traditionnels à des outils modernes de guerre hybride.

L’accent technologique de Zapad 2025 marque un tournant qualitatif dans la planification militaire. Des essaims de drones, des plateformes de commandement assistées par intelligence artificielle, des brouillages sophistiqués et des armes à haute vitesse ont été déployés pour complexifier la posture défensive de l’OTAN. Les simulations de préparation nucléaire ont ajouté une dimension supplémentaire de signal d’escalade, laissant entendre que Moscou et Minsk cherchent délibérément à augmenter les risques de confrontation dans leurs messages adressés à l’Occident. Les scénarios testés comprenaient une escalade rapide sur le flanc oriental de l’OTAN, l’utilisation de tactiques hybrides combinant cyberattaques et guerre par drones, ainsi qu’une préparation à une frappe nucléaire.

Contrairement aux massives manœuvres de Zapad 2021, l’édition 2025 s’est concentrée sur des systèmes d’attaque de pointe tels que les missiles Zircon, Kinzhal, Onyx, Iskander et Oreshnik, couplés avec drones et guerre électronique. Pour l’OTAN, cet exercice démontre que la menace actuelle combine des stratégies hybrides à capacité nucléaire et des scénarios d’invasion conventionnelle. Ces manœuvres attestent de la préparation durable de la Russie et de la Biélorussie à une confrontation prolongée, tout en laissant ouverte la possibilité d’une escalade rapide.