Le ministère britannique de la Défense annonce que les exportations de défense du Royaume-Uni ont dépassé les 20 milliards de livres en 2025, un montant qui devrait constituer le record annuel depuis l’instauration des relevés actuels il y a plus de 40 ans.

Les autorités attribuent cette croissance à deux contrats majeurs : un accord de 10 milliards de livres avec la Norvège pour la fourniture d’au moins cinq frégates de type 26, ainsi qu’un contrat de 8 milliards de livres pour la vente de 20 avions de chasse Typhoon à la Turquie. Le ministère souligne que ces ventes soutiennent plus de 25 000 emplois dans les chaînes de production navale et aérospatiale.

Luke Pollard, ministre de la préparation à la défense et de l’industrie, présente ces chiffres comme la preuve que la défense devient un levier de politique industrielle. Il déclare : « Nous démontrons une nouvelle fois comment ce gouvernement tient sa promesse de faire de la défense un moteur de croissance économique à l’échelle nationale tout en renforçant notre sécurité et celle de nos alliés. »

Pollard lie la vente des frégates à la Norvège à une stratégie navale commune dans l’Atlantique Nord, estimant que cela « équipe mieux nos marines combinées pour contrer la menace russe ». Concernant l’accord sur les Typhoon, il affirme que cela « garantit des emplois qualifiés dans le Lancashire, en Écosse et partout au Royaume-Uni tout en renforçant le flanc sud de l’OTAN. »

Au-delà de ces ventes phares, le ministère cite la vente de 12 avions C-130 à la Turquie, évaluée à plus de 550 millions de livres pour le Royaume-Uni et Marshall Aerospace, ainsi qu’une exportation plus modeste de systèmes terrestres vers la République tchèque. Sur le long terme, les ministres mettent en avant la coopération AUKUS pour les sous-marins avec l’Australie, qui pourrait générer jusqu’à 20 milliards de livres de valeur à l’export.

Rupert Pearce, directeur national des armements, explique que l’approche actuelle vise à aligner les exportations sur la stratégie des alliances, plutôt que de les considérer comme de simples opérations commerciales. Il affirme :
« Ces succès à l’exportation reflètent la mission du groupe NAD qui est de renforcer les partenariats internationaux tout en stimulant la croissance économique nationale. »

Cela s’inscrit dans la logique de la Revue stratégique de défense, qui indique que la production de défense peut compenser les coûts de réarmement. Avril Jolliffe, directrice générale pour la collaboration internationale et les exportations, souligne la transformation institutionnelle en cours :

« Il ne s’agit pas seulement de vendre du matériel. Il s’agit de construire des partenariats de défense qui soutiennent la sécurité collective et les objectifs économiques du Royaume-Uni. »

Les ministres mettent également en avant l’adhésion du Royaume-Uni à l’Accord sur le contrôle des exportations de défense avec la France, l’Allemagne et l’Espagne, qui devrait faciliter les procédures de licence pour les futures ventes.