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Le ministre de la Défense indien, Rajnath Singh, a annoncé que les exportations de matériel de défense devraient atteindre 30 000 crores de roupies d’ici mars 2026, soulignant l’importance croissante de l’industrie nationale dans le renforcement de la sécurité du pays. S’exprimant lors de la session annuelle de la Society of Indian Defence Manufacturers (SIDM) à New Delhi, il a insisté sur la nécessité d’une montée en puissance de l’innovation et de la production locale, notamment dans la conception et la fabrication de sous-systèmes et composants.

Le ministre a salué l’utilisation efficace des équipements « Made-in-India » pendant l’opération Sindoor, qui a renforcé la réputation de l’Inde tant sur le plan régional qu’international. Cette opération a mis en lumière la puissance de systèmes indigènes comme le missile Akash, le missile BrahMos ou encore le système de contrôle de défense aérienne AkashTeer. Rajnath Singh a attribué le succès de cette opération au courage des forces armées ainsi qu’aux « guerriers de l’industrie » qui ont œuvré en première ligne pour innover, concevoir et fabriquer ces équipements.

Il a rappelé que, malgré une réponse ferme et une préparation des forces armées, l’opération Sindoor doit être considérée comme une étude de cas précieuse, soulignant l’imprévisibilité des conflits aux frontières et la nécessité d’une préparation constante fondée sur une autonomie complète.

Face aux incertitudes géopolitiques actuelles, le ministre a insisté sur la nécessité d’une « indigenisation » approfondie pour faire face aux défis du secteur de la défense et aux nouvelles formes de guerre. Il a souligné que l’ordre mondial établi s’émousse et que les foyers de conflit se multiplient, ce qui impose à l’Inde de redéfinir sa stratégie et sa sécurité nationale.

Rajnath Singh a rappelé que sous le gouvernement de Narendra Modi, des mesures sont prises pour créer un environnement équitable favorisant la fabrication de défense et le renforcement de l’écosystème domestique. Il a insisté sur le fait que l’objectif n’est pas seulement l’assemblage d’équipements, mais la mise en place d’une véritable base industrielle « Made in India, Made for the World ». Des initiatives telles que la Quantum Mission, l’Atal Innovation Mission et la National Research Foundation visent à impulser une culture d’innovation et de recherche & développement.

En matière de résultats, le ministre a rappelé qu’avant 2014, l’Inde dépendait entièrement des importations pour ses besoins en défense. Depuis, la production nationale est passée de 46 000 crores de roupies à un record de 151 000 crores, dont 33 000 crores imputables au secteur privé. Les exportations de défense ont quant à elles bondi de moins de 1 000 crores à environ 24 000 crores, avec un objectif fixé à 30 000 crores d’ici mars 2026. Par ailleurs, le ministère a récemment lancé le Manuel des achats de défense 2025 et planifie la révision de la procédure d’acquisition de 2020. Le ministre a encouragé le secteur privé à augmenter sa part dans la fabrication nationale de 25 % à au moins 50 % dans les trois prochaines années.

Pour amplifier l’indigénisation, il a insisté sur la nécessité pour l’industrie de prendre le contrôle des chaînes d’approvisionnement et de maintenance, en se concentrant sur la production locale de sous-systèmes et composants, et non uniquement sur des plateformes complètes. Il a expliqué que l’importation d’équipements majeurs franchise ensuite des coûts importants pour leur entretien, réparation, révision et gestion des pièces détachées tout au long de leur cycle de vie, ce qui alourdit la dépendance vis-à-vis de l’étranger. En favorisant la fabrication locale des éléments constitutifs, il s’agit de renforcer le contenu indigène des équipements et d’assurer que « notre sol, notre bouclier » devienne la priorité.

Rajnath Singh a également souligné que le but ne doit pas être simplement d’assembler des équipements sur le territoire national, mais de développer une fabrication basée sur la technologie. Tout transfert de technologie doit être efficace et permettre de renforcer les capacités industrielles locales.

Il a enfin appelé l’industrie à développer des produits technologiques à grande échelle, intégrant toutes les étapes de la chaîne de valeur, en s’appuyant sur les jeunes innovateurs soutenus via les programmes iDEX et ADITI. « L’industrie doit relever ce défi et nous soumettre ses propositions, que nous étudierons afin de combler les lacunes. Notre démarche vise à collaborer avec le secteur privé pour transformer le paysage de la défense », a-t-il conclu en assurant un soutien gouvernemental total.

À cette occasion, étaient présents le secrétaire à la Défense Rajesh Kumar Singh, le président de la SIDM Rajinder Singh Bhatia, le directeur général Ramesh K, d’anciens présidents de la SIDM, ainsi que des hauts responsables des forces armées et du ministère de la Défense, des leaders industriels et de jeunes entrepreneurs.