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Les avions de combat F-35 Lightning II de Lockheed Martin, pivots de la modernisation des forces américaines, rencontrent de sérieux problèmes de disponibilité opérationnelle. Un rapport récent du Government Accountability Office (GAO) révèle que ces appareils ne sont prêts à partir en mission que dans 55 % des cas, bien en dessous des objectifs fixés pour ce programme d’envergure.

Plusieurs facteurs expliquent cette faible préparation : une forte dépendance aux sous-traitants, un budget insuffisant, une formation limitée des équipes de maintenance, un manque de données techniques pour les réparations et une pénurie importante de pièces détachées. Alors que le Département de la Défense vise à effectuer les réparations en 60 à 90 jours, le GAO indique qu’en février ce délai a atteint 141 jours. Par ailleurs, le nombre de pièces en attente de réparation a plus que doublé depuis 2019, dépassant 10 000 en mars.

Diana Maurer, directrice de l’équipe « capacités et gestion de la défense » au GAO, a exprimé ses inquiétudes face à ce faible taux de disponibilité, soulignant qu’il ne répond pas aux exigences militaires et constitue une mauvaise utilisation des fonds publics.

Selon elle, l’un des principaux problèmes réside dans la priorité accordée depuis le début à la production, au détriment du soutien en service. Conséquence : de nombreux F-35 restent loin des pistes, en attente de maintenance en raison d’un manque de pièces et de retards dans les réparations.

Le programme F-35, d’une ampleur sans précédent, prévoit l’acquisition de 2 500 appareils pour un coût total estimé à plus de 1 700 milliards de dollars. Lockheed Martin assure la majeure partie de la maintenance, tandis que Pratt & Whitney est responsable du moteur. Néanmoins, le Bureau du programme conjoint F-35 et Lockheed Martin n’ont pas déployé suffisamment tôt des structures réparatrices adaptées pour répondre à la demande croissante.

Lockheed Martin se dit disposé à travailler étroitement avec le gouvernement pour résoudre ces problèmes de maintenance et augmenter la capacité de réparation. Richard Aboulafia, directeur général d’AeroDynamic Advisory, souligne toutefois que certains F-35 nécessiteront des travaux supplémentaires ou des mises à niveau, ce qui complexifiera encore la logistique.

Un obstacle majeur concerne l’accès aux manuels de réparation, souvent détenus et gardés confidentiels par les contractants. Cette limitation freine les équipes de maintenance militaire dans leur capacité à effectuer certaines réparations essentielles.

J.J. Gertler, analyste principal chez Teal Group, estime que le rapport du GAO pourrait influencer la répartition des financements entre maintenance et acquisitions, impactant ainsi l’avenir même du programme F-35.

En résumé, le rapport met en lumière les difficultés opérationnelles et logistiques du programme F-35 en matière de maintien en condition opérationnelle. Améliorer la maintenance et résoudre les problèmes liés à la chaîne d’approvisionnement s’avèrent aujourd’hui cruciaux pour optimiser la disponibilité et les performances de cette flotte stratégique.