Les avions de combat F-35 de Lockheed Martin, en cours de livraison aux différents opérateurs, présentent des défauts significatifs affectant leur fiabilité et leurs performances, selon l’Agence de gestion des contrats de défense du Pentagone. Ces imperfections compromettent l’aptitude au vol et la capacité opérationnelle globale des appareils.
Cette situation suscite une vive inquiétude chez les forces armées, notamment chez le corps des Marines des États-Unis, qui a récemment signalé la persistance de problèmes d’assurance qualité. L’agence attribue ces difficultés à des pénuries de pièces détachées, provoquant des interruptions dans la chaîne de production et des retards dans la livraison de nombreux avions.
Face à une demande en forte hausse, les dysfonctionnements liés aux taux de rebut, de reprise et de défaut durant l’assemblage aggravent l’efficacité du processus industriel. Plusieurs facteurs contribuent à cette situation, notamment la rotation fréquente du personnel et la performance de certains fournisseurs inférieure aux exigences fixées.
Le bureau du programme F-35 du Pentagone travaille en étroite collaboration avec Lockheed Martin pour résoudre ces problèmes d’assurance qualité. Chaque anomalie détectée fait l’objet d’un suivi rigoureux. Des efforts sont également déployés pour répondre aux préoccupations exprimées par le corps des Marines.
Malgré la réputation complexe du programme, considéré comme l’un des plus difficiles de la production aéronautique américaine, la capacité industrielle dédiée au F-35 dépasse déjà celle de toutes les autres générations de chasseurs occidentaux réunies. L’absence de nouveaux avions de chasse conformes aux standards de l’OTAN depuis plus d’une décennie limite les options du Pentagone, qui mise donc sur la poursuite et l’amélioration continue du programme F-35.
Récemment, la Chambre des représentants a examiné de près les taux de disponibilité opérationnelle de l’appareil, exprimant ses doutes sur la capacité du Bureau du programme conjoint à pallier les insuffisances dans ce domaine.
Rob Wittman, président de la sous-commission des forces aériennes et terrestres tactiques de la Chambre des représentants, a exprimé avec franchise ses préoccupations : il souligne l’écart significatif entre les performances promises et celles effectivement délivrées, notamment en ce qui concerne la faible disponibilité de l’appareil.
Au-delà de la disponibilité, un incident récent survenu en juin à la base aérienne de Hill dans l’Utah, lié à un défaut logiciel, a causé la destruction d’un F-35. De plus, les premières livraisons aux forces belges ont été refusées en raison de défaillances techniques et de la nécessité d’améliorer les logiciels embarqués. La Corée du Sud a également fait part de ses inquiétudes concernant plusieurs insuffisances de performance.
Les données 2023 indiquent que les problèmes liés au moteur F135 ont provoqué un taux d’indisponibilité du F-35 six fois supérieur à celui des chasseurs de quatrième génération de l’US Air Force. Cette situation a engendré des coûts opérationnels supplémentaires de plusieurs dizaines de milliards de dollars, faute de puissance moteur adéquate.
Malgré ces difficultés, l’armée américaine et ses partenaires continuent de placer leur confiance dans le F-35. Ce choix stratégique s’explique notamment par les avancées notables de la Chine dans ses chasseurs de cinquième génération, le J-20 et le FC-31, qui offrent un avantage sensible en termes de performances par rapport aux plateformes américaines et alliées.