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Les forces d’autodéfense terrestres japonaises prévoient de créer deux nouvelles grandes unités en 2026. La première consiste à transformer la 15e brigade, chargée de la défense du sud-ouest du territoire japonais, basée à Naha sur l’île d’Okinawa, en une division. Par ailleurs, les forces spéciales de l’armée seront regroupées au sein d’une brigade dédiée.

La 15e brigade est l’une des huit brigades autonomes actives des forces d’autodéfense terrestres et relève du commandement de l’armée de l’Ouest. Créée en 2010 pour succéder à la 1re brigade combinée, elle compte environ 2 300 militaires et repose essentiellement sur le 51e régiment d’infanterie, qui, comme chez les forces japonaises, correspond en réalité à un bataillon.

Une division plus faible qu’une véritable brigade

À cette formation s’ajoutent deux compagnies renforcées de près de 350 soldats chacune, déployées en tant que forces de sécurité sur les îles Miyako et Yariama, situées à la frontière entre la mer de Chine orientale et la mer des Philippines. La brigade inclut également un « régiment » de défense antiaérienne avec une batterie légère et trois batteries moyennes de missiles sol-air, un bataillon logistique, une compagnie de reconnaissance équipée de véhicules blindés de type 87, une compagnie d’hélicoptères dotée de CH-47 et UH-60, ainsi qu’une compagnie de transmissions, une compagnie du génie, une unité de déminage et une autre spécialisée dans la défense NRBC.

Avec la montée en puissance vers une division, un second régiment d’infanterie viendra s’ajouter, la compagnie de reconnaissance sera dissoute et remplacée par une nouvelle unité équipée de blindés à roues de type 16 et d’autres systèmes modernes. Les capacités en communications et logistique seront renforcées. Cependant, cette future division restera avec 3 900 soldats un effectif en deçà de celui d’une division classique, équivalant plutôt à celui d’une brigade importante.

Une question de grade ?

Certains observateurs supposent que la « promotion » au rang de division vise principalement à permettre d’augmenter le grade de son commandant, passant de général de brigade à général de division. Ce changement pourrait favoriser une meilleure coopération en position d’égal à égal avec le commandant de la IIIe Force expéditionnaire de la Marine américaine basée à Okinawa, qui porte ce dernier grade.

Concernant la future brigade des forces spéciales, peu de détails sont connus. Elle devrait regrouper le groupe des forces spéciales stationné à Funabashi dans la préfecture de Chiba, ainsi que le régiment central d’intervention basé à Utsunomiya, dans la préfecture de Tochigi. Le groupe des forces spéciales est structuré de manière comparable aux unités d’élite comme la Delta Force américaine, le SAS britannique ou le Kommando Spezialkräfte (KSK) allemand, avec trois compagnies opérationnelles et un effectif estimé à environ 300 militaires.

Réorganisation des forces spéciales japonaises

Le régiment central d’intervention est principalement un bataillon d’infanterie équipé de véhicules blindés protégés, fort d’environ 700 hommes, conçu pour appuyer les opérations spéciales. Jusqu’à présent, ce régiment et le groupe des forces spéciales, ainsi que la 1re brigade aéroportée et la 1re brigade d’hélicoptères, faisaient partie de la Force centrale de réaction rapide créée en 2007 et comptant près de 4 500 soldats.

Les raisons précises de cette réorganisation restent floues, si ce n’est qu’elle crée un nouveau poste de général de brigade. Avec une force active d’environ 150 000 militaires et 56 000 réservistes, les forces terrestres japonaises demeurent très hiérarchisées. Elles s’articulent autour de cinq commandements d’armée, neuf divisions six à neuf mille hommes chacune, huit brigades autonomes de combat, ainsi que dix brigades de soutien incluant cinq unités du génie, deux d’artillerie, deux de défense anti-aérienne et l’unique brigade d’hélicoptères.

Stefan Axel Boes