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Les garde-côtes américains pourraient bientôt recevoir leur salaire, à l’instar des autres forces armées, grâce à une manœuvre budgétaire spécifique validée par l’administration Trump, a confirmé un responsable lundi.

Intégrée au Département de la Sécurité intérieure (DHS) et non au Département de la Défense comme les autres branches militaires, la Garde côtière n’était initialement pas incluse dans la manœuvre annoncée récemment par l’administration visant à garantir le paiement des soldes au sein du Pentagone cette semaine.

Samedi, le président Trump a indiqué sur les réseaux sociaux qu’il ordonnait au Département de la Défense d’employer « tous les fonds disponibles » pour couvrir les paies du 15 octobre des militaires. Dans la foulée, le Pentagone a annoncé un plan visant à rediriger 8 milliards de dollars de crédits non engagés afin d’assurer ces versements.

Cependant, cette décision ne concernait pas les salaires des garde-côtes, qui se retrouvaient dans l’incertitude quant à leur versement.

Lundi, un responsable gouvernemental a confirmé qu’une solution avait été trouvée afin de financer ces paiements. Kristi Noem, secrétaire à la Sécurité intérieure, a elle-même mentionné sur les réseaux sociaux qu’une « solution innovante » permettrait de payer les garde-côtes, sans fournir davantage de détails sur les montants ou l’origine précise des fonds utilisés.

Pour le Département de la Défense, ces 8 milliards de dollars provenaient de crédits de recherche, développement, test et évaluation (RDTE) non engagés lors de l’exercice budgétaire précédent, selon un porte-parole du Pentagone. En revanche, le mode de financement des futures paies en cas de prolongation de la fermeture administrative reste incertain.

Si cette mesure est saluée par l’administration, ses détracteurs s’interrogent sur sa légalité. En effet, la majeure partie des fonds publics utilisés par les forces armées et les autres agences gouvernementales sont strictement affectés à des usages précis par le Congrès. Les experts précisent que seul le pouvoir législatif peut redéployer certains crédits non dépensés, tandis que l’exécutif ne peut agir unilatéralement. Ainsi, une réaffectation de fonds initialement réservés à des postes budgétaires non encore payés pourrait enfreindre les lois encadrant le budget fédéral.

Un équipage d’un MH-60 Jayhawk de la station aérienne de la Garde côtière américaine à Clearwater, en Floride.
Un MH-60 Jayhawk de la station aérienne de la Garde côtière de Clearwater et des équipes de bateaux lors d’un exercice à Sand Key, Floride, le 13 août 2025. (Photo : Petty Officer 1st Class Riley Perkofski, US Coast Guard)

À ce jour, l’administration Trump n’a pas annoncé de mesure similaire visant à préserver les salaires des autres fonctionnaires fédéraux concernés par la fermeture administrative.

Lors du précédent shutdown de 34 jours, de fin 2018 à début 2019, la Garde côtière n’avait pas été payée, contrairement aux autres forces armées. À cette époque, le programme d’entraide de la Garde côtière avait suggéré aux personnels des activités secondaires, telles que la garde d’enfants ou les ventes de garage, pour pallier l’absence de revenus, ce qui avait suscité un tollé et conduit au retrait de ces conseils.

Le shutdown actuel, en cours depuis treize jours, ne semble pas près de se terminer. La direction républicaine à la Chambre des représentants a rejeté les appels à une loi séparée garantissant le paiement des forces armées, affirmant qu’elle attendrait une décision du Sénat avant de se réunir à nouveau.