Les grandes puissances européennes insistent sur des garanties de sécurité « robustes » pour l’Ukraine afin qu’un accord de paix avec la Russie puisse être viable, ont averti les ministres de la Défense du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et de la Pologne lors d’une réunion tenue à Cracovie.
Cette déclaration arrive alors que les États-Unis poursuivent leurs efforts pour négocier une trêve entre Moscou et Kyiv afin de mettre fin aux combats. Des négociations entre les délégations ukrainienne et russe ont eu lieu à Genève, mardi et mercredi, sans aboutir à une percée significative.
Les ministres européens ont précisé que leur homologue ukrainien avait participé à une partie de leur réunion, au cours de laquelle ils ont réaffirmé leur soutien constant à l’Ukraine et leur appui aux démarches visant à mettre fin aux hostilités.
Ils ont souligné que “garantir la souveraineté et la sécurité durable de l’Ukraine doit être une composante intégrante de tout accord de paix, et qu’un tel accord devra s’appuyer sur des garanties de sécurité solides pour l’Ukraine”.
Ils ont également insisté sur l’importance d’une armée ukrainienne forte, qu’ils considèrent comme la première garantie de sécurité d’une Ukraine en paix.
Le Royaume-Uni et la France ont pris les devants en préparant le déploiement éventuel d’une force multinationale destinée à sécuriser l’Ukraine lors de toute transition vers la paix.
Le président français Emmanuel Macron a déclaré en janvier que son pays pourrait envoyer plusieurs milliers de soldats en Ukraine.
La Russie a de son côté rejeté à plusieurs reprises toute présence militaire de pays membres de l’OTAN sur le sol ukrainien.
À Cracovie, la ministre française des Armées, Catherine Vautrin, a rappelé devant la presse que la sécurité européenne dépendait « de l’établissement d’une paix durable fondée sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine ».
« Un cessez-le-feu ne doit jamais être le prélude à une nouvelle agression », a-t-elle averti.
Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a ajouté que la pression sur la Russie devait être maintenue pour la contraindre à accepter la fin des combats.
« Nous sommes profondément convaincus que seule une pression maximale par le biais des sanctions, des mesures coordonnées contre la “flotte de l’ombre” et des succès ukrainiens sur le terrain pourra pousser Poutine à reculer », a-t-il affirmé.
Cette réunion s’est tenue à quelques jours du quatrième anniversaire du début, le 24 février 2022, de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a précisé depuis Kyiv que son pays était prêt à faire “des compromis réels — mais pas des compromis au prix de notre indépendance et de notre souveraineté”.