La Suède a déployé six avions de combat JAS 39 Gripen en Islande, prenant pour la première fois la tête de la mission de police aérienne de l’OTAN sur le territoire islandais depuis son adhésion à l’Alliance.
Ces appareils, accompagnés de plus de 110 personnels issus du Escadron aérien Skaraborg F7, sont arrivés début février à la base aérienne de Keflavík. Cette rotation doit se poursuivre jusqu’à la mi-mars 2026. L’OTAN précise que ce déploiement marque la première prise en charge de la mission par la Suède, qui assure la surveillance aérienne et l’interception en soutien aux exigences de préparation en temps de paix de l’Islande.
La police aérienne constitue un élément permanent de la posture de défense collective de l’OTAN depuis plusieurs décennies, avec des forces alliées déployées périodiquement en Islande depuis 2008. Cette mission vise à surveiller et protéger l’espace aérien d’un corridor stratégique reliant l’Amérique du Nord à l’Europe.
« Nous avons planifié cette opération depuis longtemps, et elle revêt un caractère à la fois intéressant et important au regard de la situation sécuritaire internationale actuelle. La mission se concentre sur la défense collective de l’espace aérien islandais, et c’est gratifiant d’y contribuer », a déclaré le lieutenant-colonel Johan Legardt, commandant du détachement suédois.
L’OTAN souligne que le détachement suédois maintiendra une posture continue de Quick Reaction Alert (QRA), garantissant une réponse rapide aux avions non identifiés évoluant à proximité de l’espace aérien allié. Le Gripen est reconnu comme un chasseur multirôle moderne équipé de capteurs avancés et de systèmes de commandement et contrôle interopérables avec l’OTAN. Le déploiement illustre également l’intégration de l’Alliance dans la mobilité aérienne, les Gripen ayant été ravitaillés en vol vers l’Islande par un avion-ravitailleur polyvalent français A330 MRTT.
Les missions de police aérienne de l’OTAN, bien que routinières, sont opérationnellement cruciales, impliquant une surveillance constante et une préparation à l’interception de pistes inconnues. L’Alliance qualifie cette activité d’élément clé de dissuasion et d’assurance, notamment dans les régions de haute latitude comme l’Arctique, où les conditions météorologiques difficiles et les longues distances complexifient les opérations aériennes. Pendant toute la durée de leur mission, les équipages suédois coordonneront leurs activités avec la Garde côtière islandaise, sous la direction du Centre conjoint des opérations aériennes de l’OTAN à Uedem, en Allemagne.