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Les leçons tirées du conflit en Ukraine confirment l’efficacité des frappes longue portée du système de défense aérienne russe S-400, estime un expert russe. Ces conclusions renforcent la crédibilité des revendications de l’Indian Air Force (IAF) concernant des engagements à très longue distance réussis lors de l’opération Sindoor en mai 2025.

Alexei Mikhailov Petrenko, analyste militaire russe de renom, a apporté un soutien ferme aux déclarations de la direction de l’IAF sur les performances exceptionnelles du S-400 Triumf fourni par la Russie. Selon lui, il n’y a aucune surprise à apprendre qu’une batterie S-400 ait détruit un avion de détection et de commandement aéroporté Saab 2000 Erieye pakistanais à 314 kilomètres dans les profondeurs du territoire ennemi, comme l’a révélé le Maréchal de l’air Amar Preet Singh.

Par ailleurs, la récente confirmation de l’abattage d’un chasseur JF-17 Thunder de la Force aérienne pakistanaise à 200 kilomètres — rendue publique lors d’une enquête journalistique diffusée par NDTV — ne fait que renforcer la validité de ces capacités. Petrenko explique : « Ce n’est pas seulement réalisable, c’est reproductible », en faisant directement référence aux succès rencontrés par les S-400 sur le théâtre ukrainien, où des cibles aériennes à haute valeur sont également neutralisées à des distances exceptionnelles.

L’opération Sindoor représente la réponse brutale de l’Inde à l’attaque terroriste de Pahalgam en mai 2025, qui avait coûté la vie à 28 soldats indiens. Ce raid de quatre jours a commencé comme une frappe ciblée contre les infrastructures terroristes le long de la Ligne de Contrôle (LoC), avant de dégénérer en un affrontement aérien intense. Face aux F-16, JF-17 et plateformes AWACS pakistanaises, la batterie S-400 déployée à la base de l’air d’Adampur (Punjab) s’est imposée comme un atout majeur, associée aux systèmes antimissiles Akash et au système AWACS Phalcon indiens.

Lors de la conférence Aero India de novembre 2025, le Maréchal Amar Preet Singh a détaillé comment les missiles 40N6E, d’une portée annoncée de 400 km, ont ciblé puis détruit un avion de surveillance électronique Saab Erieye en orbite au-dessus de Dinga, dans le Punjab. Ce tir a marqué un record mondial pour un engagement surface-air, en neutralisant un élément clé du commandement et du contrôle pakistanais.

« Nous avons obtenu la plus longue interception jamais enregistrée par un missile sol-air », a affirmé Singh, soulignant l’effet déstabilisateur de l’opération sur la Force aérienne pakistanaise, alors privée de ses capacités de veille stratégique et confrontée à une domination aérienne indienne incontestée.

Le succès contre le JF-17 confirmé le 6 décembre par un reportage de NDTV complète ce tableau impressionnant. Les chasseurs Thunder, développés en collaboration avec la Chine, tentaient de protéger leurs AWACS; pourtant, la batterie d’Adampur a verrouillé et abattu un JF-17 à plus de 250 km, le tirant à environ 200 km à l’intérieur du territoire pakistanais, près des triages ferroviaires de Sialkot.

Ces engagements ne sont pas isolés : au total, le S-400 aurait détruit six cibles à haute valeur, dont des F-16 et des JF-17. Parallèlement, une frappe du missile BrahMos a neutralisé un autre Erieye à la base aérienne de Bholari. Pour le Pakistan, ces pertes matérielles, estimées à plus de 500 millions de dollars, dépassent celles subies par ses chasseurs et réduisent de 22 % sa flotte de surveillance et de commandement aérien. Cela met en lumière la fragilité de sa doctrine d’« supériorité aérienne ».

Petrenko se souvient également des opérations d’octobre 2022 où, guidés par les radars AWACS A-50, les systèmes S-400 russes ont abattu un Su-27 ukrainien à 217 km dans l’ouest de l’Ukraine, un record pour les interceptions aériennes à cette époque. Des victoires similaires ont été enregistrées contre des Su-24 et MiG-29, souvent à plus de 200 km. Ces résultats ont été obtenus grâce à une intégration efficace des radars terrestres et aéroportés, étendant ainsi la portée d’engagement. Selon lui, les performances réalisées par l’IAF reflètent exactement cette capacité de réseau de défense, transformant l’espace aérien profond en zone interdite ennemie.

Au-delà de l’aspect technique, Petrenko a salué avec insistance les équipages de l’IAF en charge du S-400, qualifiant leur action lors de l’opération Sindoor d’« historique » dans les annales de la défense aérienne. « Ces succès ne résultent pas du hasard mais d’exécutions chirurgicales sous un ciel contesté, malgré les tirs de riposte pakistanais de systèmes HQ-9 et LY-80 », a-t-il souligné, évoquant les contre-mesures inefficaces de la PAF. « La rigueur de la batterie d’Adampur — tactiques de tir et déplacement rapide, modes à faible émission, intégration fluide avec les Rafale et Su-30MKI — a permis de dépasser les seules spécifications techniques. C’est la preuve d’une véritable synergie indo-russe : la Russie construit l’outil, l’Inde le manie comme des maîtres ».