Tous les Marines affectés aux corps de combat devront bientôt satisfaire aux mêmes exigences lors du test physique de conditionnement (Physical Fitness Test, PFT), quel que soit leur genre, conformément à une nouvelle politique d’ensemble annoncée jeudi. Cette mesure aligne les standards de condition physique des Marines sur les directives établies par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, qui, dans un mandat du 30 septembre, a exigé que tous les militaires des unités de combat soient soumis à des normes physiques neutres sur le plan du genre.
Un message administratif des Marines (MARADMIN) publié jeudi détaille toutes les spécialités militaires principales (PMOS) concernées par ce test physique unifié, parmi lesquelles figurent les fusiliers marins, les canonniers d’artillerie de campagne, les servants de mortier et les Raiders.
Bien que le PFT annuel soit depuis longtemps une épreuve emblématique chez les Marines, les postes de combat imposent, depuis 2015, des tests physiques spécifiques et neutres sur le genre, adaptés à chaque fonction.
À partir du 1er janvier 2026, tous les Marines appartenant à ces spécialités devront atteindre un score minimal de 210 points au PFT, soit 70 % du score maximal, conformément aux critères actuellement réservés aux hommes, indique le communiqué. Le test continuera toutefois à être noté selon les tranches d’âge, les Marines âgés de 21 à 35 ans étant soumis à des exigences généralement plus exigeantes que les plus jeunes ou les plus âgés.
Le PFT est un test général d’aptitude physique pratiqué par tous les Marines, avec des normes ajustées en fonction de l’âge et du sexe, explique le commandant Hector Infante, porte-parole du Training and Education Command. Il évalue la force de base et l’endurance cardiovasculaire à travers trois épreuves : des pompes (ou tractions), la planche abdominale et une course de 4,8 km. Chaque épreuve peut rapporter jusqu’à 100 points en cas de performance maximale, à l’exception des pompes où le plafond est de 70 points.
Modifications significatives des exigences en force et en course
L’épreuve de la planche, déjà notée de manière neutre, va voir les exigences en tractions quasiment doublées, tandis que le temps autorisé pour la course sera réduit de trois minutes pour les femmes, ce qui constitue un défi majeur pour celles souhaitant maintenir leurs scores actuels.
Le score final du PFT correspond à la somme des points obtenus dans les trois exercices, sur un total possible de 300, avec un seuil de réussite fixé à 210 points selon la nouvelle politique.
« Les Marines des spécialités de combat qui réussiront le test mais n’atteindront pas les 210 points seront soumis à un programme de remise en forme et pourront faire l’objet d’une réaffectation de spécialité ou de restrictions en matière de promotion », précise le message. « Aucune mesure punitive ne sera appliquée en attendant de nouvelles directives. »
Dans l’épreuve des tractions, les hommes âgés de 20 à 35 ans obtiennent 100 points s’ils réalisent 23 répétitions, alors que les femmes atteignent ce score avec 11 ou 12. Actuellement, une femme dans cette tranche d’âge réalisant 12 tractions marque environ 63 points. Pour atteindre 70 points, seuil minimal pour réussir, il faut réaliser 5 ou 6 tractions. Avec les nouvelles normes, ce palier passera à 14 tractions.
Pour la course de 4,8 km, les barèmes actuels donnent aux femmes un score maximal si elles courent chaque mile (1,6 km) en 7 minutes, alors que les hommes doivent courir à un rythme de 6 minutes par mile. Avec la nouvelle règle, les femmes devront courir à 6 minutes par mile pour obtenir le score maximal, un rythme nettement plus exigeant. Un temps de 7 minutes par mile correspondra désormais à un score aux alentours de 80 points.
Les Marines n’appartenant pas aux spécialités de combat continueront à passer le PFT selon les normes actuelles, différenciées par sexe et âge, ajoute le message.
Les emplois de combat Marines disposent déjà de normes physiques neutres
Depuis 2015, les Marines en formation pour des spécialités de combat doivent valider des tests physiques spécifiques à leur emploi et neutres sur le plan du genre. Ces épreuves, légèrement variables selon les postes, consistent généralement à accomplir plusieurs simulations de tâches de combat. Par exemple, les fusiliers marins doivent soulever un lance-grenades au-dessus de la tête, traîner un « blessé » de 97 kg sur 25 mètres en temps limité, franchir un mur, forcer une porte, se précipiter sur un objectif à 200 ou 300 mètres et marcher 20 kilomètres en tenue de combat complète.
Des tests similaires existent pour les canonniers d’artillerie, les équipages de véhicules blindés et d’autres fonctions de combat.
« Depuis 2015, les Marines désireux d’obtenir une spécialité de combat subissent des évaluations physiques neutres, basées sur des standards spécifiques à chaque emploi », indique le commandant Infante. « Ces épreuves évaluent des tâches physiques indispensables à la fonction et garantissent que tous les Marines de combat répondent aux mêmes exigences opérationnelles, indépendamment du genre. »
L’Armée de Terre américaine a annoncé plus tôt cette année qu’elle imposerait également des standards physiques « neutres sur le genre » pour les soldats des fonctions de combat.
En septembre dernier, Pete Hegseth avait déclaré devant un parterre de généraux et d’amiraux que tous les soldats des spécialités de combat seraient tenus de respecter « uniquement les plus hautes normes masculines. »
« Pour les emplois demandant une puissance physique en combat, les normes doivent être élevées et identiques pour tous », avait-il précisé. « Si des femmes atteignent ces standards, c’est très bien. Sinon, c’est comme ça. Si cela signifie qu’aucune femme ne peut occuper certains postes de combat, ce n’est pas une intention, mais cela pourrait être une conséquence. »
Le MARADMIN de jeudi a également annoncé une refonte prochaine des méthodes d’évaluation de la composition corporelle, qui mesure actuellement le pourcentage de masse grasse d’un Marine à partir de sa taille et de son poids.
« Dès que des directives complémentaires seront publiées, la méthode actuelle basée sur la taille, le poids et le ruban à mesurer sera remplacée par une évaluation du rapport taille-tour de taille (WHtR) », indique le message.
Les standards actuels concernant la composition corporelle resteront en vigueur jusqu’à la mise en œuvre de cette nouvelle méthode.