Les Marines américains s’apprêtent à renforcer significativement leurs capacités d’assaut amphibie avec l’arrivée prochaine d’un nouveau type de navires de débarquement, adaptés aux exigences du « island hopping » moderne, une stratégie clé pour les opérations dans le Pacifique.

Après un échec initial l’an dernier, la Marine américaine a choisi la conception du navire de débarquement moyen (LSM) basé sur le modèle LST 100 développé par le chantier naval néerlandais Damen Shipyards Group. Cette décision marque une avancée importante pour le Corps des Marines, qui considère ce navire comme essentiel à son concept opérationnel pour le 21e siècle.

Ce nouveau type de LSM, baptisé classe McClung en hommage à la Major Megan McClung, officier des Marines tuée en Irak en 2006, permettra de débarquer rapidement des troupes sur des plages sans nécessiter l’appui des grands navires amphibies traditionnels.

La Marine prévoit d’acquérir entre 18 et 35 exemplaires de ces navires, conçus pour se poser directement sur les plages. Ils offrent ainsi une plus grande mobilité aux forces terrestres, notamment dans des environnements où les grandes plateformes amphibies seraient vulnérables.

Le concept Expeditionary Advanced Base Operations (EABO), adopté par le Corps des Marines, repose sur l’emploi de navires plus petits pour déployer rapidement des équipes sur des îles ou des côtes isolées, tout en restant hors de portée des armes ennemies. Cette stratégie est d’autant plus nécessaire face à la menace croissante des missiles anti-navires chinois, y compris des armes hypersoniques, qui rendent risquées les opérations avec des navires de grande taille proches du littoral.

Chaque navire LST 100 mesure environ 100 mètres de long et embarque un équipage de 18 marins ainsi que plus de 200 Marines. Il dispose d’un pont hélicoptère capable d’accueillir des hélicoptères de taille moyenne et d’une rampe arrière pour déployer des véhicules blindés légers (LAV).

Ces navires peuvent transporter près de 500 tonnes de matériel. Les portes à clapet et rampes situées à la proue et à la poupe facilitent l’embarquement et le débarquement rapide des véhicules et équipements directement sur la plage. Avec une vitesse maximale de 15 nœuds et une autonomie de 7 250 milles nautiques à 10 nœuds, ils peuvent rester en mer environ deux semaines sans retour au port.

La construction des LSM devrait débuter dès l’année prochaine, avec une première livraison prévue pour 2029. Toutefois, la Marine doit surmonter un historique difficile en matière de construction navale, illustré récemment par l’annulation du programme de frégates de classe Constellation, également basé sur un design existant mais entravé par des modifications techniques ayant engendré retards et surcoûts.

Pour éviter que des modifications successives ne compromettent le programme des LSM, le secrétaire à la Marine, John Phelan, a instauré un contrôle rigoureux des changements de conception. Lors du Reagan National Defense Forum, il a annoncé que toute modification devra recevoir son approbation personnelle et qu’il tiendra une réunion hebdomadaire chaque vendredi à 17 heures pour examiner les propositions.

Cette initiative vise à assurer la stabilité du projet, condition essentielle à la livraison dans les délais et au respect du budget. Les navires de débarquement McClung joueront un rôle stratégique crucial pour les opérations amphibies futures, en particulier dans un environnement indo-pacifique marqué par la contestation croissante de la suprématie navale américaine.