Les Marines américains ont lancé une semaine d’exercices militaires à Trinidad-et-Tobago, une nation insulaire des Caraïbes située à seulement quelques kilomètres des côtes vénézuéliennes.
Selon l’ambassade des États-Unis à Trinidad-et-Tobago ainsi que les forces de sécurité locales, les Marines de la 22e unité expéditionnaire (22nd Marine Expeditionary Unit – 22nd MEU) mèneront des entraînements nocturnes sur l’ensemble du territoire du 14 au 21 novembre. Cette initiative intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Caracas, alors que les États-Unis ont récemment effectué leur 20e frappe annoncée visant des embarcations suspectées de trafic de drogue dans la région.
Dans une déclaration publiée par l’ambassade, la chargée d’affaires Dr. Jenifer Neidhart de Ortiz a expliqué que cet exercice vise à « promouvoir la stabilité régionale, contrer les menaces transnationales et renforcer les capacités de réponse aux catastrophes ». Cette série d’entraînements avait auparavant été annoncée par le procureur général trinidadien qui soulignait une volonté américaine d’« intensifier » les exercices dans le pays. Le ministre des Affaires étrangères a ensuite précisé que ces manœuvres conjointes ne préfiguraient aucune action militaire contre le Venezuela. Toutefois, le président vénézuélien Nicolas Maduro, que Washington accuse de liens avec plusieurs cartels de drogue désignés comme organisations terroristes étrangères, a qualifié ces exercices d’« irresponsables ».
Cette semaine d’exercices intervient parallèlement à l’arrivée dans la zone caraïbe du porte-avions USS Gerald R. Ford et de son groupe aéronaval, qui ont rejoint la zone de responsabilité du South Command (SOUTHCOM). En réaction au déploiement du groupe aéronaval Ford, le gouvernement vénézuélien a annoncé la mobilisation de près de 200 000 soldats dans le cadre d’exercices militaires propres.
Contacté à propos de ces manœuvres, un porte-parole du South Command a confirmé la tenue des exercices sans toutefois fournir de détails sur leur nature précise. Selon une déclaration des forces de défense de Trinidad-et-Tobago, les entraînements se dérouleront dans des zones rurales comme urbaines, au crépuscule et durant la nuit, avec l’utilisation de plusieurs hélicoptères de la Marine américaine.
La 22e unité expéditionnaire s’était déployée dans la région caraïbe en août dernier, intégrée au groupe amphibie Iwo Jima. Depuis, les Marines ont poursuivi leurs entraînements, aussi bien en mer qu’au camp Santiago à Porto Rico. Certains éléments de cette unité expéditionnaire avaient également été envoyés en Jamaïque dans le cadre d’une mission américaine d’aide après le passage de l’ouragan Melissa le mois précédent.
Les forces américaines mènent régulièrement des exercices dans les Caraïbes, notamment depuis la mise en place d’une importante présence navale qualifiée au Pentagone de Joint Task Force – Southern Spear. En août, des commandos des forces spéciales de l’US Air Force se sont exercés dans la région en simulant des saisies d’aérodromes et autres actions de raids tactiques.
Située à proximité immédiate de la côte nord-est du Venezuela, Trinidad-et-Tobago avait déjà accueilli fin octobre le destroyer lance-missiles USS Gravely, qui y a accosté au port de Port of Spain plusieurs jours durant.
Sur fond d’intensification des frappes américaines contre des petites embarcations dans les Caraïbes à l’automne, de nombreux corps ont été retrouvés échoués sur les rivages de cette nation insulaire. Le New York Times a rapporté que certains cadavres présentaient des mutilations et des brûlures, laissant penser qu’ils avaient été victimes d’explosions.