Le Corps des Marines a renforcé ses normes de composition corporelle, imposant désormais des critères plus stricts que ceux fixés en janvier par le Pentagone. Pour les Marines de taille moyenne, cela se traduit par une exigence de tour de taille réduite de 5 à 7 centimètres au-dessous des standards militaires généraux.
« Cette révision du programme de composition corporelle nous permettra de mieux équilibrer la santé et la performance de nos Marines », a déclaré le général Eric Smith, commandant du Corps des Marines.
En début d’année, le département de la Défense avait adopté l’utilisation du ratio taille/hauteur pour estimer la proportion de graisse, de muscle et d’os chez les militaires. Selon cette méthode, ce ratio ne doit pas dépasser 0,55, c’est-à-dire que le tour de taille ne peut être supérieur à un peu plus de la moitié de la taille. Le Corps des Marines a durci cette règle, imposant un ratio maximal de 0,52.
« Le standard de 0,52 représente un juste compromis entre santé et performance. Sur le plan médical, il permet de dépister plus efficacement les Marines qui nécessitent une évaluation approfondie avant d’atteindre des catégories de risques élevés », explique le major Hector Infante, porte-parole du Commandement de la formation et de l’éducation. « Du point de vue de la performance, les études montrent qu’un grand nombre de Marines en dessous de ce seuil obtiennent des scores d’excellence aux tests physiques. »
Concrètement, un Marine mesurant 1,83 m (6 pieds) devra maintenir un tour de taille inférieur ou égal à 94 cm (37 pouces), contre 100,5 cm (39,6 pouces) autorisés selon la norme à 0,55 du Pentagone.

Des Marines passent le test de condition physique au Camp Pendleton, Californie, le 2 février 2022. Crédit photo : Cpl. Marcus Melara, Marine Corps.
Les Marines seront évalués deux fois par an selon ces nouvelles normes, en vigueur depuis le 1er janvier, précise un message administratif du Corps des Marines publié jeudi. Ceux ayant passé les mesures de taille et poids avant cette date doivent être recontrôlés avec la méthode du ratio taille/hauteur.
En cas de non-conformité aux nouvelles exigences, les Marines feront l’objet d’une évaluation de leur taux de graisse corporelle, afin de déterminer leur éventuelle inscription au programme de composition corporelle. Cette évaluation utilisera soit la méthode du ruban-mètre, soit une analyse par impédance bioélectrique. Cette dernière, qui mesure la masse musculaire et grasse grâce à un faible courant électrique traversant le corps, remplacera progressivement la méthode du ruban dès que les appareils nécessaires seront disponibles en quantité.
Les anciennes pratiques, basées sur des tableaux taille-poids, avaient suscité des critiques de la part des militaires jugés en surpoids à tort, notamment ceux avec une importante masse musculaire.
Le sous-secrétaire à la Défense pour le personnel et la préparation Anthony J. Tata a abordé cette question dans une note du 18 décembre : « Les militaires performants aux tests physiques peuvent bénéficier de dérogations, mais uniquement dans des limites strictement définies par chaque branche des forces armées. »
Selon le communiqué du Corps des Marines, les militaires qui obtiennent au moins 285 points lors des tests physiques et de combat, mais ne respectent pas le ratio 0,52, ne seront pas automatiquement intégrés au programme de composition corporelle s’ils restent dans le taux maximum de graisse corporelle autorisé : 26 % pour les hommes et 36 % pour les femmes.
Les Marines actuellement inscrits ou en cours d’inscription au programme seront soumis à une réévaluation. Ceux jugés conformes aux nouvelles normes verront leur enregistrement au programme annulé, conformément au message administratif.
« Cette mise à jour confirme l’engagement du Corps des Marines envers la condition physique, mais surtout, elle favorise une meilleure santé et un bien-être durable pour nos Marines », conclut le sergent-major des Marines Carlos Ruiz.