Le secrétariat du Conseil national de sécurité (NSCS) de l’Inde est en pleine transformation pour s’adapter à une nouvelle ère de menaces sécuritaires, tout en gérant des défis internes persistants, a déclaré mercredi le vice-conseiller à la sécurité nationale, l’ambassadeur Pavan Kapoor, à New Delhi.
Lors du lancement de l’ouvrage The Silent Enemy, coécrit par l’ancien vice-conseiller Arvind Gupta et le journaliste senior Rajesh Gupta, des experts ont souligné l’évolution du rôle et de l’influence du NSCS, malgré une certaine résistance des ministères gouvernementaux traditionnels.
La discussion, organisée à la Vivekananda International Foundation, a mis en lumière un déplacement du focus habituel sur les conflits militaires classiques vers une approche élargie de la sécurité nationale, intégrant désormais les dimensions économiques, sociales et technologiques. Le vice-conseiller Pavan Kapoor a insisté sur le fait que les menaces actuelles ne se limitent plus aux conflits militaires traditionnels.
Il a pointé la vulnérabilité de l’Inde liée à une dépendance excessive envers un unique pays pour des ressources essentielles, ainsi que la montée de la menace que représente la guerre économique, incluant sanctions et embargo. Le changement climatique constitue également un défi non conventionnel susceptible d’engendrer des troubles sociaux et des problèmes de sécurité alimentaire, illustré par les récentes inondations au Punjab.
Kapoor a aussi mis en avant l’importance de la communication stratégique, notamment dans la lutte contre la désinformation, en évoquant l’« Opération Sindoor », soulignant la nécessité de maîtriser la perception publique pour empêcher des forces malveillantes de semer le trouble.
Lors des échanges, les intervenants ont reconnu les tensions historiques entre le NSCS et divers ministères dits « de ligne » au niveau des États, qui accueillent souvent les recommandations du NSCS avec scepticisme. Toutefois, ils ont noté que ces acteurs collaborent désormais davantage autour de ces enjeux sécuritaires non classiques.
Le débat a également abordé l’avenir des conflits armés, remettant en question l’idée dépassée selon laquelle ils seraient courts ou éclairs. En prenant pour exemples les guerres en Ukraine et à Gaza, les participants ont estimé que cette vision est désormais caduque. Le Dr Arvind Gupta a aussi pris position sur la question de renforcer les pouvoirs du NSCS.
Si Gupta a reconnu les avantages potentiels d’« donner plus de moyens » au conseil, il a aussi mis en garde contre les risques de dysfonctionnements et d’instabilité liés à une éventuelle attribution de pouvoirs par le biais d’une loi parlementaire.
Ambassadeur Kapoor et Arvind Gupta ont conclu que le NSCS a déjà connu une mutation profonde, avec un rôle qui s’est considérablement développé dans des domaines comme la cybersécurité et l’économie, démontrant ainsi son importance grandissante et son influence renforcée, sans qu’il soit nécessaire de lui conférer des pouvoirs législatifs supplémentaires.